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Jean-Sebastien Mora /
jesamora@gmail.com

Les ravages d’une aide inutile,
et de nouvelles solutions pour l’Afrique


“Aide fatale”
Après avoir reçu des milliards de dollars d'aide ces cinquante dernières années, l'Afrique a accrue sa pauvreté. Voici le constat de Dambiso Moyo, cette zambienne diplômée d’Oxford et de Harvard. Elle vient de publier en français «l'aide fatale». Son ouvrage est d'ores et déjà un best seller aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Sa publication française ne pouvait pas mieux tomber après la condamnation de Charles Pasqua dans l'affaire de l'Angolagate et l'élection scandaleuse d'Ali Bongo au Gabon. Alors que le terme co-développement est récurrent, tous, même les basques et leurs chalutiers géants comme l'Akrana, profitent de la misère économique africaine. Et si Ambroise Mazal, chargé de mission sur la souveraineté alimentaire au CCFD-Terre solidaire, appelle dans le journal Libération daté du 17 novembre à investir dans l'agriculture pour lutter contre la faim, Dambiso Moyo tourne le dos au discours perpétuel en déclarant «pour l'Afrique l'aide est à la fois une drogue et une malédiction». Le taux de pauvreté sur le continent est passé de 10% à 66% entre 1970 et 1998 alors que le transfert d'aide était à son maximum. Même si elle reconnaît que les causes de sous-développement sont multiples, l'universitaire explique que l'aide financière favorise la corruption et génère de l'inflation dans les pays bénéficiaires. Par ailleurs, pour prendre le contrôle de cette manne financière, les factions rivales de ces pays sont prêtes à s'entretuer et ceci est la principale cause des instabilités politiques perpétuelles de l'Afrique.
Pour l'universitaire né en Afrique, le constat est sans appel, si les Etats du Nord continuent à aider l'Afrique, c'est parce que cela leur coûte moins cher que d'ouvrir leurs marchés aux produits du tiers monde. Dans le cas contraire, la moitié des paysans européens se retrouverait au chômage. Dambiso Mazal explique aussi justement que de toute façon, une grande partie de l'aide repart dans les comptes occidentaux par vente des produits venant du nord, souvent dumpés par les subventions comme en agriculture. A la tête du pouvoir au Congo de 1965 à 1997, Mobutu avait détourné 5 milliards de dollars. Quand on connaît le train de vie que menait le jeune Ali Bongo alors étudiant a la Sorbonne à Paris, pas difficile de comprendre où termine l'aide destinée au Gabon.

Solution de choc
L'auteur appelle la communauté internationale à stopper cette "aide fatale". En citant l'exemple de l'Inde ou de l'Europe d'après guerre, l'universitaire est convaincue qu'une aide n'est efficace, que si elle est ponctuelle. En Afrique la différence est éloquente quand on compare le Botswana qui a refusé l'aide et ses pays voisins qui l'ont acceptée. «Les pays qui acceptent l'aide se retrouve à la traine» explique-t-elle. Le problème avec l'aide en Afrique, c'est que personne ne sait jamais quand les programmes prendront fin, c'est une question qui ne se pose jamais, voilà pourquoi «beaucoup de dirigeants africains passent leur temps à courtiser les donateurs plutôt que de fournir à leur peuple des services publics essentiels comme l'éducation ou la santé» écrit Moyo.

Plus que des questions, des certitudes
«En Afrique, les médias relaient volontiers l'exploitation des richesses souterraines par les chinois, mais le pillage massifs des ressources halieutiques par les sociétés de pêche françaises et espagnoles n'est jamais abordé» explique Urtsa Kastro un jeune biologiste de Bilbao. En mission dans l'océan indien pour la fondation AZTI (basé á Pasaia, équivalent basque de L'IFREMER), il a embarqué á plusieurs reprises a bord de ces impressionnants navires de pêche basques comparables à l'Alakrana. Son discours est sans appel : pêche illégale, destruction des biotopes marins, appauvrissement des pêcheurs locaux mais aussi exploitation du personnel étranger embauché à bord, selon lui, les pratiques des gros chalutiers basques et galliciens sont scandaleuses. Car depuis la guerre civile, la Somalie n’a plus d'État et donc plus de marine militaire pour faire respecter ses droits maritimes. Si selon le droit maritime international il est interdit de pénétrer dans les eaux nationales d’un Etat sans son autorisation, sans pouvoir assurer le contrôle de ses côtes, la piraterie reste le seul garde fou de la Somalie. Alors que de nombreux navires espagnols ont déjà été condamnés pour pêche illégale (Guinée, Afrique du Sud...) sur son site internet l'ONG Ecoterra International suspectait également le thonier géant Alakrana de pratiques non respectueusess du droit maritime International.
Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 16:25
- Publié dans : Fiches Pratiques - Asteko Fitxa Lagungarriak - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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