Partager l'article ! L'utilité sociale en question: par Maialen Pebet (Articl ...
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par Maialen Pebet
(Article de la série “Entreprise, mon amour”)
Association, mutuelle, coopérative et fondation sont les statuts juridiques caractérisant l’économie sociale.
En économie, si un bien ou un service trouve un acheteur, c'est qu'une utilité lui est reconnue par la société.
Ainsi, l'utilité des biens et services produits par les acteurs privés est légitimée par le libre choix des consommateurs sur le marché. Par exemple, si j'achète une montre, c'est que je juge
utile de payer pour l'avoir.
Considérons maintenant l'action publique : l'Etat et les collectivités locales fournissent des biens et services collectifs financés par des prélèvements obligatoires. Leur utilité est légitimée
par le suffrage universel.
Dans ce cas, l'utilité d'un bien ou d'un service ne peut-elle être déterminée que par le marché ou par le vote ?
L'action publique centralisée se révèle souvent inadaptée à une satisfaction efficace des besoins sociaux. D'autre part, au vu des dégâts sociaux et environnementaux de notre mode de croissance,
nous ne pouvons pas non plus considérer le marché suffisant pour répondre à nos besoins sociaux.
Quelles réponses apportées par les acteurs de l'économie sociale ?
C'est au sein du secteur que nous appelons "économie sociale" ou "tiers secteur" que le concept d'utilité sociale est apparu. Les organisations de l'économie sociale font partie du secteur privé
mais cherchent avant tout une utilité sociale à leurs activités.
L'économie sociale correspond à des types d'organisations avec des statuts juridiques précis : les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations.
Parmi les principes qui les rassemblent nous citerons les suivants : un statut privé, la primauté de l'Homme sur le Capital, un but non lucratif ou de non recherche de profit, un processus de
décision démocratique ("une personne, une voix") et un ancrage territorial fort. En Aquitaine, ce secteur représente 11% des emplois (2004, source : CRESS Aquitaine).
Enercoop, un acteur parmi tant d'autres de l'économie sociale
L'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence pousse les offreurs à attirer les clients en
différenciant leurs produits. Et notamment en leur proposant de se fournir en électricité issue de sources d'énergie renouvelables.
La Société coopérative d'intérêt collectif Enercoop (Scic Enercoop), créée en 2005, ne fournit que de l'électricité verte. De plus, Enercoop se distingue car elle réinvestit ses bénéfices dans
son activité et rassemble dans le capital les producteurs, les consommateurs, les salariés, les porteurs de projet, et les collectivités locales. Enercoop comptait 300 clients professionnels en
mai dernier et vise un équilibre économique à 10000 consommateurs fin 2008. Ainsi une entreprise peut très bien considérer l'utilité sociale comme sa priorité et être en même temps viable
économiquement. Une entreprise qui ne recherche pas à maximiser ses profits afin de grossir le portefeuille de ses actionnaires, ça existe !
Transposer les avancées du tiers secteur
Dès lors comment apporter une meilleure réponse aux demandes sociales ? Passe-t-elle obligatoirement et uniquement par l'action publique ? Je ne le crois pas, vue sa faible performance dans ce
domaine. Passe-t-elle uniquement par le marché ? Nous connaissons déjà ses effets pervers.
A mon avis, une réponse efficace de l'action publique peut être développée en donnant place à davantage de délibération collective, davantage d'évaluation pluraliste, de décentralisation et de
délégation au profit de structures à l'écoute de la demande sociale. D'autre part, l'utilité sociale de l'entreprise privée ne peut se développer que si celle-ci comprend que la réussite sur le
marché passe par la prise en compte et l'écoute des exigences de la société et que la recherche de la profitabilité ne justifie pas toutes les pratiques menées.
S'interroger sur l'utilité sociale d'un bien ou service, qu'il soit offert par un acteur public, une association ou une entreprise privée revient à questionner le processus qui a permis sa
légitimation mais aussi à évoquer la question de l'évaluation des actions menées. Dans ce domaine les organisations de l'économie sociale sont des pionnières. L'amélioration de l'utilité sociale
des biens et services du secteur public et privé passera sans doute par une meilleure transparence et évaluation des actions menées.
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