Partager l'article ! Défendre les salariés et reconnaître les particularités locales : par François “Paco” Touzet "A SUD, on a pu travailler ...
par François “Paco” Touzet
"A SUD, on a pu travailler avec (presque) tout le monde, sans ostracisme, en tenant compte des positions de chacun sur l'éducation."
Je suis syndicaliste, depuis que je suis salarié. C'est pour moi un principe. Le syndicat est une organisation de défense des salariés et de lutte en faveur de leurs droits. Comment
ne pas vouloir défendre ou faire progresser ses droits quand on est salarié ?
Engagement syndical
Etant professeur d'histoire géographie du secondaire à l'Education Nationale, j'ai été adhérent du SNES (Syndicat National des Enseignements du Second degré, majoritaire dans mon métier) jusqu'à
la fin des années 90.
A cette époque, j'ai changé de syndicat pour plusieurs raisons :
*lors des grèves de 1995 (contre la réforme Juppé), le syndicat était clairement contre la réforme, mais a fait un appel à la grève très hésitant alors que les salariés étaient vraiment
mobilisés.
*l'apparition de SUD (Solidaires Unitaires Démocratiques) éducation, plus ouvert sur d'autres catégories à l'intérieur de l'Education Nationale (on ne se retrouve pas qu'entre professeurs, mais
avec d'autres personnels de l'éducation : technicien, personnel de l'entretien, etc.), et à d'autres problématiques (la précarisation des emplois, etc.).
D'autre part, en arrivant au Pays basque, j'ai constaté les positions de la FSU (le SNES fait partie de la Fédération Syndicale Unitaire) :
*sur le "problème basque" en général. Elles sont marquées par un certain autisme (refus de reconnaître la moindre particularité locale). Cela peut se comprendre dans un syndicat qui revendique
l'héritage des principes de l'école publique "à la française", gratuite, laïque et obligatoire.
*sur le syndicalisme abertzale en particulier (ostracisme de LAB, à qui on demande de condamner explicitement le "terrorisme").
Alors, il me restait 2 positions possibles :
*rester dans le SNES, lutter de l'intérieur pour changer ça. C'est long, lent, mais ça peut finir par changer… Même s'il faut reconnaître que le changement dépend beaucoup de la situation
politique dans l'Etat espagnol…
*entrer à SUD, avec qui j'étais en accord sur les principes, en créant une section locale de ce "petit syndicat".
Où est l'efficacité ? Je n'ai pas de réponse définitive. Mais avec SUD, on a pu travailler avec (presque) tout le monde, sans ostracisme, en tenant compte des positions de chacun sur l'éducation.
Et localement, en particulier, on a pu, à notre petit niveau, monter des projets avec d'autres. C'est ainsi qu'en 2003 nous avons organisé un Forum sur l'éducation qui via des Conférences -
Débats traitait les thèmes de la marchandisation de l'école et du formatage des esprits et parlait de "précarité" ou de "l'école et la langue basque" dans les ateliers. Cet évènement avait été
co-organisé par les syndicats CGT-éducation, CNT, LAB, SOE et Sud-éducation.
Etre de sensibilité abertzale
Quant au thème "syndicaliste et abertzale", mon premier réflexe a été de me dire "mais je ne suis pas aber-tzale!". En fait, je me suis intéressé au Pays basque dans les années 80 : il s'y
passait des choses, une dynamique militante sur des thèmes divers (écologie et lutte anti nucléaire, luttes sociales, puis antimilitarisme,…). Mais je ne suis venu vivre ici que depuis la fin des
années 1990. Là une question s'est posée, qui ne m'avait jamais préoccupé : celle de "l'identité nationale" (pour utiliser une expression à la mode… en France). Les abertzale posent des questions
ou proposent des solutions intéressantes, en particulier sur des thèmes qui n'intéressaient souvent pas du tout les autres mouvements (touristification, foncier et logement, langue, etc.). C'est
ainsi que je me sens proche des positions politiques de certains mouvements abertzale.
Mais c'est une sensibilité, pas un engagement dans un parti donné, une manière de vivre ici (en mettant ses enfants dans les ikastola, en allant à l'AEK, etc.).
Syndicat Abertzale
Enfin, si les problèmes se posent localement au niveau politique, ils justifient évidemment un syndicalisme abertzale. Faut-il que l'une des deux soit prioritaire, de la lutte sociale ou de
la lutte nationale ? Les deux luttes ont depuis longtemps été menées de front au Pays basque.
Mais, pour moi, être à LAB suppose (comme son nom l'indique) de se définir comme abertzale. Enfin, quand on travaille dans l'éducation nationale…française… tout se déroule dans ce
cadre de l'Etat français. Les problèmes se posent et se règlent à ce niveau… hors du champ d'intervention d'un syndicat abertzale.
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