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Chantal Boone
Présidente d’Attac Pays Basque
2006 a été une année difficile à bien des égards pour tous les comités locaux d'Attac. C'était bien la première fois que les médias s'intéressaient à nous et c'était bien aussi la première fois que
nous aurions aimé que ces mêmes médias s'intéressent à autre chose.
Il n'avait déjà pas été si simple de trouver un nouveau souffle après l'engagement dans la campagne pour le non au Traité Constitutionnel européen. Nous étions nombreux à faire l'analyse qu'il ne
fallait pas seulement être en résistance contre les politiques néo-libérales et un monde politique autiste, mais qu'il fallait aussi imaginer un monde nouveau, rêver des alternatives collectivement
et se mettre en mouvement vers une autre société.
L'année 2006 s'est ouverte avec un projet de rédaction du Manifeste d'Attac, ouvrage qui doit dessiner les contours de cet " autre monde " que nous croyons tous possible. Résister n'est pas simple,
mais concrétiser des idéaux l'est encore moins et les divergences d'opinion ont eu raison du fragile équilibre entre les différentes structures de notre association au niveau national.
Après la démission du Conseil d'administration dont l'élection avait été frauduleuse, la nouvelle direction d'Attac national, fortement représentative d'une des deux tendances qui se sont
affrontées, a été élue en décembre 2006, à la régulière, c'est à dire normalement. Si nous connaissons bien un des co-président, Jean-Marie Harribey, professeur d'économie à Bordeaux, nous
connaissons moins les autres ; cela nous donnera, je pense, l'envie de les " marquer à la culotte " pour ne plus avoir de surprise désagréable et humiliante.
Par rapport à la direction nationale, les Comités locaux sont toujours bien plus sages ; les militants se connaissent, se pratiquent, se respectent (et se supportent) même lorsqu'ils ne sont
pas d'accord.
A Attac Pays Basque, il y a eu peu de conflits, mais certaines réflexions ont pris du temps car nous respectons toujours le principe du consensus, persuadés que c'est le seul moyen de faire avec le
plus grand nombre.
Nos choix européens n'ont pas toujours été compris, notre engagement en Pays Basque nous a été reproché d'un côté comme de l'autre (pour les uns nous étions "trop", pour les autres nous n'étions
pas "assez").
Bref Attac Pays Basque a toujours été et est encore dans une position inconfortable, mais à force d'être mal assis, on en prend l'habitude. Pourtant que de regrets quand, à certaines conférences
remarquables, et je pense à la dernière de décembre 2006 sur les directives européennes en préparation pour faire de l'Europe une forteresse interdite aux étrangers du Sud, le nombre de
participants est si faible qu'on a honte pour les absents, surtout quand ils se disent militants.
Les chantiers d'Attac Pays Basque pour l'année 2007 sont ceux de l'association : le refus de la marchandisation des "biens communs", comme l'eau qui sera un de nos thèmes cette année, le refus de
la fermeture policière de la forteresse Europe et de ses applications chez nous, la réflexion sur le Manifeste pour poursuivre le travail commencé l'an dernier et donner aux gens l'envie de
débattre sur des propositions alternatives visant à installer une société qui ne soit plus fondée sur la confusion entre progrès humain et croissance économique, entre bien-être et
beaucoup-avoir.
Enfin, pour les présidentielles, Attac Pays Basque n'étant pas une organisation politique, elle ne donne pas de consigne de vote(1) mais révoltée par cette "peopolisation" des hommes et des femmes
politiques, elle s'inscrira dans la campagne pour donner du grain à moudre, proposer des idées, permettre les débats, refuser certains choix, en proposer d'autres. En somme, elle fera ce qu'elle a
toujours fait : de l'éducation populaire au service des idées et des projets pour une solidarité entre les hommes, entre les générations, entre le passé et le futur.
Gora Attac!
(1)Bien qu'elle l'ait fait pour le Traité Consitutionnel Européen, mais c'était là une exception.
Vendredi 7 septembre 2007
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00:58
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Publié dans : Orotarik
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