Hasiera



 

  Alda! & Enbata...
C'est quoi ? Zer dira?

  Asteko soinua: Batera!!

Zonbait Irudi!

  • Enbata - Alda 2119 - 2010-03-11 01
  • Enbata - Alda 2172 - 2011-03-31-1
  • Enbata - Alda 2169 - 2011-03-10

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles

 

txetx_etcheverry_-_2006-5.jpg
par Txetx Etcheverry

(Suite de l’article de l’Alda! du 13 septembre 2007).

Nous n'avons qu'une planète
Si le mode de production et de consommation des occidentaux actuels était adopté par l'ensemble de l'humanité (et une partie conséquente de cette dernière en prend le chemin : en Chine, en Inde, au Brésil....), il nous faudrait de trois (niveau européen) à six planètes (niveau USA). Or, nous n'en n'avons qu'une et nous avons déjà sérieusement commencé à perturber ses grands équilibres et mis à mal ses stocks de ressources naturelles.
20% de la population mondiale vivant en Europe, en Amérique du Nord et au Japon consomment aujourd'hui 80% de la richesse mondiale et produisent la majorité des émissions de gaz à effets de serre responsables du réchauffement de la planète. A l'intérieur de ces 20%, tout le monde ne participe pas à la même hauteur à cette véritable orgie. En France par exemple, selon l'INSEE, les biens possédés par les 10% les plus riches sont 64 fois plus importants que ceux possédés par les 10% les plus pauvres. Aux USA et en Grande-Bretagne, 10% de la population bénéficie à partir des années 1990 de 40% du revenu national (alors que sa part était autour de 32% depuis 1945). Bref, nos sociétés sont formidablement inégalitaires et ce phénomène va en s'aggravant.
La crise écologique nous oblige aujourd'hui à regarder les réalités en face et à devoir gérer une évidence incontournable : nous n'avons qu'une planète. Il faut donc remettre en question ce mode de production et de consommation qui ne peut être supporté que par trois ou six planètes. Il faut le faire maintenant, dans les 20 ans qui viennent car toutes les limites sont atteintes, tous les si-gnaux d'alerte sont au rouge. C'est à nous de le faire. Pour les générations qui nous suivent, il sera déjà trop tard.

La solution est évidente
Contrairement à ce que les irresponsables qui nous gouvernent (et qui ont mis la planète et l'humanité dans cette situation) rabâchent, la croissance n'est donc pas une solution acceptable et il ne faut pas "travailler plus pour gagner plus".
La solution est évidente, il faut au contraire baisser la consommation globale de matières, et dans un premier temps, de toute urgence, stopper sa hausse exponentielle(1).
Mais comment arriver à ce résultat, alors qu'une grande partie de la population mondiale vit dans la misère, et que même dans les sociétés occidentales, la pauvreté augmente et beaucoup de gens éprouvent de fortes difficultés à satisfaire leurs besoins élémentaires ?
En effet, malgré ce gaspillage effréné de ressources naturelles de la planète, il faut rester conscient que la misère fait des ravages dans le monde. La faim ne recule plus. D'après le rapport de 2003 de la FAO, le nombre d'affamés qui baissait régulièrement depuis plusieurs décennies a recommencé à augmenter depuis 1995-1997. Les récentes fortes hausses du prix des céréales conjuguées à d'autres conséquences de phénomènes en cours (telles que le réchauffement climatique, la mondialisation néo-libérale, l'épuisement de certains sols et l'ascension des agro-carburants) laissent même craindre une accélération de cette augmentation, le nombre de gens souffrant de la faim pouvant atteindre prochainement le milliard. Deux milliards de personnes souffrent d'ores et déjà de carences alimentaires. Un tiers des citadins mondiaux, soit un milliard de personnes, vivent dans des bidonvilles ! Voilà le monde exact dans lequel nous vivons.
Ces réalités ont persisté, voire se sont aggravées, malgré le fait que la richesse d'une minorité a explosé, dans des proportions indécentes et a donc creusé un fossé gigantesque d'inégalités au niveau mondial et au niveau de chaque Etat.
Les milliardaires en dollars sont passé de 140 en 1985 à 476 en 2002 et 793 en 2005. Ces 793 personnes possèdent à elle seules 2600 milliards de dollars. D'après le PNUD, le revenu global des 500 personnes les plus riches du monde est supérieur à celui des 416 millions les plus pauvres du monde. D'après le capitaliste Jean Peyrelevade, 300 millions de propriétaires (soit 5% de la population mondiale) possèdent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Le montant nécessaire pour faire passer un milliard de personnes au dessus du seuil de pauvreté est environ 300 milliards : cela équivaut à moins de 2 % du revenu des 10 % les plus riches de la population mondiale(2). 

Réduire le revenu des plus riches
Il faut donc à la fois baisser la consommation mondiale (et le transport -coûteux en énergies non renouvelables et grand émetteur de gaz à effet de serre-) de biens matériels, et augmenter celle des populations les plus pauvres. Une seule politique permet d'atteindre ce double résultat : changer radicalement la répartition des revenus au niveau mondial et au niveau de chaque Etat. 
Une telle politique aurait immédiatement trois effets positifs :
1.Elle permettrait de distribuer du pouvoir d'achat aux plus pauvres et en même temps d'abaisser le pillage des ressources de la terre et la pollution mondiale.
2.La réduction drastique du revenu et du patrimoine des plus riches aurait un effet immédiat d'abaissement de la pauvreté dans chaque Etat : la pauvreté n'est en effet pas un état absolu, mais relatif au mode de vie moyen de la société dans laquelle on habite. Le patrimoine et le revenu d'une RMIste français en feraient une personne aisée dans beaucoup de pays du tiers-monde.
3.Le mode de consommation des couches les plus riches tire systématiquement vers le haut le mode de consommation des couches qui viennent juste après, qui elles-mêmes du coup exercent le même effet sur les couches suivantes, moyennes, inférieures... Pour Thorstein Veblen, cité par Hervé Kempf et considéré par Raymond Aron comme l'équivalent d'un Tocqueville ou d'un Clausewitz dans le domaine de l'économie, cette dernière est dominée par un principe :"si l'on met à part l'instinct de conservation, c'est sans doute dans la tendance à l'émulation qu'il faut voir le plus puissant, le plus constamment actif, le plus infatigable des moteurs de la vie économique proprement dite". La production nécessaire à couvrir les besoins concrets de l'existence est assez facilement atteinte de nos jours dans une société donnée. Mais à partir de là, "L'accroissement de la production et le besoin de consommer davantage s'entre-provoquent : or ce besoin est indéfiniment extensible" écrivait Veblen en 1899.
L'instauration d'un revenu maximal autorisé, qui pourrait se fixer autour de 6 à 10 fois un smic mondial(3), en même temps qu'il permettrait une répartition de richesses remédiant à la pauvreté mondiale, aurait ainsi un effet stratégique pour ralentir radicalement notre course criminelle à la consommation.
Le "travailler plus pour gagner plus" n'est qu'un concept mensonger qui ne solutionne en aucune manière l'impératif écologique auquel nous devons répondre, sous peine de menace sur la survie de l'espèce. Il sert à détourner l'attention des salariés des vraies solutions, celles qui doivent permettre à la fois de combattre la pauvreté et d'éviter la catastrophe écologique.
Le mot d'ordre qui revêt aujourd'hui plus que jamais dans l'histoire une dimension prioritaire est "répartir autrement les richesses et changer de mode de production afin d'éradiquer la pauvreté et de préserver l'avenir de la planète". C'est lui qui doit guider avec une priorité absolue nos combats et nos choix politiques d'aujourd'hui. Nous avons un devoir de résistance qui doit nous pousser à nous opposer systématiquement à toute aggravation des inégalités, tout transfert des richesses vers les plus riches, et à lutter pour toutes les mesures qui peuvent mettre le curseur dans l'autre sens.
La rentrée sociale 2007-2008 dans l'Etat français va largement nous en donner l'occasion.




(1)Le seuil correspondant à une empreinte écologique d'une planète est le niveau de production de la France des années 1970, c'est-à-dire que si toute l'humanité actuelle produisait et consommait comme le français moyen de cette époque-là, la planète pourrait suffire à produire les ressources nécessaires, assurer leur renouvellement, et assimiler les déchets produits.
(2)D'après un expert du PNUD cité par Hervé Kempf, journaliste au Monde et auteur d'un livre vraiment remarquable, qu'il faut absolument lire : "Comment les riches détruisent la planète". La plupart des chiffres et exemples cités ici en sont issus.
(3)Le rapport de revenu individuel entre les 793 milliardaires mondiaux et les centaines de millions d'humains les plus pauvres de la planète se situe aujourd'hui autour de 100 000, voire du million !

Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 09:46
- Publié dans : Orotarik - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Egutegia

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Présentation

  • : Alda! : Enbata euskal astekari politkoan 50 aldiz urtean! Dans Enbata, hebdomadaire politique basque 50 fois par !
  • Alda! : Enbata euskal astekari politkoan 50 aldiz urtean! Dans Enbata, hebdomadaire politique basque 50 fois par !
  • : abertzale alternatiba alternative écologique et sociale Politique
  • : "Alternatiba bezala eskaini behar den eredu politiko, sozial eta ekonomikoari buruzko eztabaida eta gogoetak indartu" "Alda veut renforcer le débat et la réflexion collective sur le modèle politique, social et économique à proposer comme alternative"
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés