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par Beñat Bidegain
Comment on en vient à compléter le militantisme associatif ou abertzale par l’action en tant qu’élu municipal.
Dépasser le premier cercle.
Beñat Bidegain, de Mendionde, est né dans une famille bascophone mais qui n'était pas marquée par la culture militante. Sa scolarité (en français) l'a amené
à suivre une formation agricole à Haspar-ren puis à Saint-Palais. Cela lui a permis d'établir des liens avec des réseaux qui étaient au-delà du premier cercle familial.
Durant sa formation, avec d'autres jeunes élèves agriculteurs il a découvert Euskaldun Gazteria qui lui a permis de connaître les préoccupations de jeunes d'autres cantons (Garazi entre autres). Le
club de rugby auquel il s'est inscrit a aussi servi à nouer de nouvelles relations et à échanger avec d'autres jeunes d'Iparralde.
Ces différents échanges à l'extérieur du village sont allés de paire avec une implication dans le Comité des Fêtes qui lui a permis de découvrir et de participer à la vie du village ou de quartier…
A l'époque, cela a consisté à organiser les Fêtes, faire la tournée des maisons et assurer les collectes de fonds pour aider la radio basque.
Se présenter ou rester “citoyen lambda” ?
Beñat était âgé de 20 ans, quand le maire du village lui a propose de faire partie de sa liste.
"A l'époque, le poste m'avait été présenté de façon générale, un peu vague et je ne me sentais pas prêt à assumer ce genre de responsabilité. Avec le recul, poursuit Beñat, il me semble que ne
percevant pas un projet clair et ne sachant pas où aller et comment y aller… j'avais préféré ne pas m'engager."
En effet, beaucoup de difficultés apparaissent quand pour la première fois l'engagement au niveau de l'action municipale doit être assumé dans des communes où tout le monde se connaît.
Comment faire le tri entre les différentes urgences, comment faire le choix entre différentes priorités, comment mesurer les conséquences de ses décisions d'élu ou des décisions que l'on contribue
à faire prendre avec son vote au conseil, etc.
A cela s'ajoute aussi le facteur de l'âge, selon Beñat. "Etant plus jeune l'engagement public me donnait l'impression de laisser de côté des préoccupations de jeunes. Comment ma fonction
d'élu municipal altérerait mes relations comme "citoyen lambda" au sein des amis et des habitants du village ?".
S'impliquer sans être élu
Le choix de ne pas s'engager dans une liste municipale ne voulait pas dire qu'il fallait rester inactif comme citoyen.
"A cette époque j'ai senti à Mendionde une vie culturelle et sociale au niveau de la jeunesse. Alors que la "mode" des concerts dans les fêtes de village retombait un peu partout… Mendionde avait
le privilège d'organiser des fêtes toujours populaires. Conscients du fait de l'existence de ces cycles et de problèmes de relève nous avons continué à renforcer les activités culturelles en
faisant vivre aussi la langue basque par les chants. Ainsi des Cavalcades ont été organisées et ont permis de réunir beaucoup de jeunes du village pour apprendre à chanter et à jouer du théâtre
ensemble."
A l'extérieur du village, l'implication dans la vie associative a permis à Beñat de connaître d'autres réalités de la jeunesse d'Iparralde : des jeunes agriculteurs d'ELB, à l'association étudiante
IHEIE, en passant par le mouvement des insoumis et Gazteriak.
Beñat étant membre d'Euskaldun Gazteriak ses différents échanges lui ont souvent donné l'occasion de présenter l'association, ses objectifs généraux ou projets précis, etc. Cela a été un bon moyen
de se préparer à la communication, à la participation aux réunions, etc.
"Bref, j'ai eu le temps durant cette période de mieux découvrir ce que je voulais personnellement et d'avoir une vision plus claire des différents niveaux d'intervention pour un citoyen abertzale :
de l'échelle du village à celle du Pays Basque dans son ensemble."
Etre élu pour mieiux s’impliquer
"Quand j'ai commencé à m'impliquer dans différentes campagnes : en faveur du département Pays Basque, de Laborantza Ganbara, du rapprochement
des prisonniers, de soutien aux jeunes du villages, etc. j'ai vu qu'il était difficile de faire bouger un conseil municipal en agissant uniquement de l'extérieur.
Et pourtant il était important que des représentants de la commune soient porteurs et défenseurs de tous les sujets que nous mettions en avant. Mais, que ça soit dans la majorité ou dans
l'opposition on ne trouvait pas d'interlocuteurs prêts à faire avancer nos messages ou nos idées…
Avec l'expérience, j'ai compris que lorsqu'on vient demander à un conseil municipal d'appuyer une pétition, par exemple, il est important d'être au courant des priorités de l'ordre du jour de ce
conseil. Il est bon aussi d'anticiper les réactions que le thème apporté pourra créer… Enfin, en agissant uniquement à l'extérieur des lieux de décisions on a plus de risque de ne pas savoir ce qui
est du ressort du Conseil Municipal et ce qui ne l'est pas…
C'est pour cela que j'ai tout naturellement commencé à sentir qu'il était indispensable de s'impliquer dans les conseils municipaux ou autres lieux de décision.”
Se former et prendre le temps de se préparer
"Je me sentais mûr pour agir et faire bouger les lignes ou les choses de l'intérieur… je savais mieux ce que je voulais ou souhaitais, j'arrivais plus à l'exprimer…
C'est ainsi que lorsque le maire sortant est venu me rendre visite 7 ans après sa première visite je n'ai pas du tout eu la même attitude que la première fois.
Il m'était déjà plus facile de faire le bilan des 7 dernières années, d'échanger des points de vue ou de montrer des accords ou des désaccords sur certains choix ou priorités."
S'engager sur une liste
"En fait, ce qui pousse à s'engager sur une liste c'est la nécessité d'intervenir, de travail-ler de l'intérieur des thèmes qu'on défend en tant que militant. Pour faciliter ce choix et ce
cheminement personnel… il est bon de consulter ses proches ou autres militants avant de s'engager. Cela permet de prendre un peu plus de recul et de mieux percevoir ou anticiper les avantages et
inconvénients du choix qu'on est en train de faire."
Du conseil municipal à l'inter-communalité
“Le fait d'être élu au sein d'un conseil municipal met le citoyen militant en situation de veille permanente. L'Ordre du Jour que l'on
reçoit à l'avance permet de se préparer aux discussions, de participer aux débats de façon beaucoup plus efficace qu'en étant un simple spectateur. Ainsi, chaque conseil municipal a été une
nouvelle occasion d'amener des thèmes ou points de vue pour convaincre et faire bouger ses collègues, qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition. Quand pour chaque décision on arrive à
réfléchir, échanger les points de vue puis voter en connaissance de cause il est plus facile d'assumer ou d'expliquer les décisions du conseil à ses concitoyens.
D'autre part, j'ai pu m'engager au niveau de la communauté de communes. Cela m'a permis d'avoir un point de vue plus large et général que celui du village. La vue d'ensemble montre ce qu'un village
peut tirer comme force et avantage de la coopération avec les communes voisines et de l'existence d'un Pays Basque aussi. C'est à cette échelle qu'on fait aussi des choix concernant des compétences
plus importantes que celle de sa commune.”
Jeudi 1 novembre 2007
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Publié dans : Herriko etxetako hauteskundeak - Municipales
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