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par Jenofa de Lopeteguy
En étant cohérent avec soi-même
et en faisant des choix assumables par le plus grand nombre
Je travaille depuis près de 25 ans dans la grande distribution. Au début des années 80 j'ai pu mettre en pratique, à ma façon, dans le milieu professionnel des priorités abertzale comme
l'euskaldunisation.
A l'époque cela s'est passé très naturellement. Travaillant à l'accueil du supermarché, j'étais en contact permanent avec les clients. Comme une partie de la clientèle était bascophone je suis
allée chercher des collègues bascophones afin que les services puissent aussi être offerts en euskara. Cela m'a demandé un effort pédagogique considérable car l'usage du basque au niveau
professionnel était dévalorisé… et parfois par les bascophones eux-mêmes !
De mon côté, je me suis mise à passer tous les messages d'ouverture et de fermeture du magasin en français et en euskara.
Motivée par ces premières expériences concrètes j'ai poursuivi ce travail de conscientisation jusqu'à ce que l'employeur accepte de mettre en place des cours d'AEK au sein de l'entreprise.
Au même moment, voulant lutter contre l'injustice, d'une façon plus générale, je m'impliquais dans la défense des droits des salarié(e)s.
Dans ces années-là, cela voulait dire lutter contre le temps partiel non choisi, pour le simple respect du code du travail et de la convention collective.
Dans la distribution cela signifiait lutter contre la dévalorisation de la femme.
C'est ainsi qu'en 1983, j'ai été élue déléguée du personnel sans étiquette car il n'y avait pas de syndicat dans l'entreprise.
Assez vite j'ai remarqué que le fait d'être sans étiquette me rendait plus vulnérable auprès de la direction. Je n'avais pas l'encadrement et la formation continue nécessaires pour défendre et
suivre les différents dossiers.
Pour pouvoir être efficace tant sur le front abertzale que social en milieu de travail, j'avais aussi participé à un groupe de réflexion (EHLE) visant à créer un syndicat abertzale en iparralde…
Cela n'avait pas débouché sur une réalisation concrète.
Par contre, quelques années plus tard, c'est à l'occasion d'un plan social sans licenciement que j'ai eu comme déléguée du personnel de nombreuses demandes de mes collègues pour savoir
comment on pouvait faire entrer un syndicat dans l'entreprise. Après de nombreuses réunions entre collègues et assemblées des salarié(e)s où participaient près de 50 personnes sur les 140
employé(e)s… la décision d'adhérer à la CFDT a été prise de façon collective. Ce syndicat, correspondant à la volonté de la majorité du personnel, a été choisi suite à un sondage. Il avait les
caractéristiques principales assumables par la majorité et étais connu pour la défense des valeurs de solidarité et d'émancipation.
Quant à moi, j'ai tout de suite trouvé les avantages qui me faisaient défaut en tant que sans étiquette et une autonomie au niveau local qui me permettait d'assumer en tant qu'abertzale mes
divergences avec certaines décisions "nationales".
Une fois syndiquée, j'ai tout de suite pu avoir le soutien juridique nécessaire pour mieux faire mon travail de délégué du personnel. Ainsi j'ai profité de l'expérience et de la force du réseau
syndical. En tant qu'individu, comme tous les autres collègues j'ai aussi bénéficié de toutes ces formations qui ont grandement contribué à notre émancipation.
Enfin, grâce à mon militantisme syndical les collègues savent que les causes que je défends sont toujours en faveur de plus de justice. Et d'autre part, la communication et l'échange permanents
que j'ai maintenus dans les différentes mobilisations syndicales font que de nos jours beaucoup plus d'a priori positifs sont reliés à mon engagement abertzale qu'avant.
Tout cela me permet d'envisager de façon naturelle, la relance, dès novembre, de la campagne Batera au sein de l'entreprise pour aller chercher les dernières signatures manquantes !
Jeudi 8 novembre 2007
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08
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/2007
11:51
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Publié dans : Abertzale&Syndicaliste - Abertzalea&Sindikalista
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