ELAko Nazio Batzordearen adierazpena
Sortir des impasses stratégiques,
aller vers un processus souverainiste civil.
Ce lundi 17 mars, le syndicat ELA
a présenté lors d'une conférence de presse
une analyse politique de la situation
et des perspectives du combat abertzale
aujourd'hui en Pays Basque.
Nous reproduisons ici quelques extraits de ce texte que l'on pourra se procurer
dans son intégralité lors de la Soirée 4+3=1
à Mouguerre-Elizaberry au stand
de la Fondation Manu Robles-Arangiz,
ou en passant le prendre
au local Bayonnais de celle-ci...
ou sous format PDF en cliquant sur l'image ci-dessous :
Tous les titres du texte ci-dessous sont de la rédaction.
Aberri Eguna 2008
(...)
Cette journée (L'Aberri Eguna) souligne une aspiration politique -Zazpiak Bat- un désir de préserver une identité en tant que peuple et de nous doter, en toute
liberté, des outils nécessaires à notre développement. Aspiration que nous partageons avec d'autres nations européennes, dont certaines sont en train d'obtenir leur souveraineté : 18 d'entre
elles ont accédé à l'indépendance au cours des dernières années (dont le Kosovo, il y a quelques semaines à peine) ; 6 ont déjà intégré l'Union Européenne, et d'autres, comme l'Ecosse, pourraient
le faire dans un avenir proche.
(...)
Nous remarquons, dans la conjoncture actuelle, un manque d'enthousiasme dans les bases du mouvement abertzale. ELA assume la part de responsabilité qui peut
lui incomber à ce sujet. Ce sentiment est généré, selon nous, par le manque d'unité et, par voie de conséquence, par la vulnérabilité que cela nous confère. Son expression la plus visible se
reflète, sans l'ombre d'un doute, dans la manière par laquelle les Etats espagnol et français agissent de manière encore plus centralisatrice, antidémocratique et répressive.
(...)
2 impasses pour les abertzale :
Ces dérives totalitaires devraient susciter au plus vite une réflexion dans le monde abertzale. Et ce d'autant plus si nous prenons en compte la stérilité,
selon nous, de ses principales références stratégiques, qui apparaissent chaque jour plus inopérantes car instrumentalisées par les 2 Etats pour le renforcement de leur propre légitimité et de
leurs politiques répressives.
La stratégie politico-militaire...
Nous faisons, en premier lieu, référence à la décision d'ETA de rompre le cessez-le-feu, décision qui mine le vivre ensemble et promeut des valeurs opposées à
celles que nécessite le processus national (société civile, accumulation des forces, enthousiasme, espoir, militantisme...). Il est clair que Zapatero n'a pas été à la hauteur dans sa gestion de
la trêve, en ne remettant pas en cause d'un iota le pacte antiterroriste et en donnant la priorité à la gestion de l'opinion publique, mais il n'en demeure pas moins indispensable de se sortir de
ce cercle vicieux et de cette stratégie qui étouffent le mouvement abertzale.
(...)
Pour ELA, le processus de discussions avorté devrait être mis à profit pour en tirer deux conclusions fondamentales : la première qui est d'intégrer de manière
définitive, que le PSOE, comme le PP, n'entamera pas une révision du système constitutionnel ; et la seconde, qui est le fait que l'on ne peut lier la question de la fin de la lutte armée à celle
de la résolution du conflit. Ces deux étapes supposent des rythmes, des agents, des itinéraires et des codes distincts. Pour cela, selon nous, il faut regarder en direction des possibilités
civiles et politiques qu'ouvrirait l'abandon définitif de l'activité armée.
...et le double jeu du gouvernement basque :
En second lieu, il convient de citer, en tant que référence stratégique périmée, la proposition politique formulée par le Lehendakari. Une proposition dont
la crédibilité, pour ELA, ne peut être dissociée d'une gestion gouvernementale frustrante en matière sociale, en plus d'être antidémocratique, à l'instar du viol des règles du jeu par des
pactes passés avec les syndicats minoritaires lors des négociations collectives dans le secteur public ainsi que dans le domaine institutionnel. Ce gouvernement présente, de plus, un bilan
pitoyable en ce qui concerne l'auto-gouvernement : il n'a pas maintenu de position politique ferme lors de la révision unilatérale de compétences déjà transférées ; il n'a donné aucune suite à
l'ultimatum qu'il avait fixé à l'Etat en le menaçant de mettre en place de manière unilatérale les compétences qui n'ont toujours pas été transférées par Madrid en en prélevant le coût sur le
Cupo ; et il n'a pas organisé la consultation promise sur la proposition d'un nouveau Statut Politique qui fut approuvée en son temps par le Parlement Basque.
(...)
ELA continue de miser sur la consultation. Nous croyons également qu'un processus souverainiste est mieux armé s'il jouit aussi d'une projection
institutionnelle. Mais il est évident que le Lehendakari ne cherche pas à renforcer les alliances sociales et politiques qui lui permettraient de se confronter à un Etat hostile à cet exercice
là. Au contraire, sa gestion politique quotidienne laisse entrevoir une entente claire avec les secteurs politiques et patronaux les plus opposés au changement politique. Dans ce contexte, le
discours "souverainiste" du nationalisme au gouvernement est bien pratique pour l'Etat, tant il alimente là-bas la réthorique patriotique espagnole, alors qu'au jour le jour, on ne discute
réellement que de sujets limités à la gestion. Nous pensons que le souverainisme doit cesser d'être uniquement un thème instrumentalisé pour le combat électoral, sans aucune relation avec la
politique réelle.
(...)
Revenir à Lizarra-Garazi !
En conclusion, ELA pense que les deux stratégies en question, la stratégie armée et la stratégie néo-statutaire/antisociale -toutes les deux étant de nature
très différentes- engendrent, sur le plan politique une polarisation stérile et, sur le plan social, une forte démobilisation des bases populaires du nationalisme. C'est pourquoi nous pensons
qu'il est urgent d'arriver à des accords basiques liés au processus national.
2008 va marquer les dix ans de la Déclaration de Lizarra-Garazi. ELA est convaincu que c'est là la seule référence stratégique capable de susciter aujourd'hui
encore l'espoir et l'enthousiasme de la majorité. Nous savons, de plus, que le fait de revenir à l'objectif d'accumulation des forces souverainistes, exclusivement civiles et démocratiques,
représente la seule alternative qui désarme les Etats.(...)
La solution d'une démarche civile et démocratique sur la base de minimums communs, est non seulement notre meil-leure option, mais c'est également la seule qui
nous permette de lancer un processus en faveur de la souveraineté. Nous devons la rendre possible.(...)
Jeudi 20 mars 2008
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Publié dans : Réflexion abertzale - Abertzale gogoetak
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