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Marie, Amandine et Manu, membres de la Coordination Etudiante et Lycéenne (CEL)

Toute mobilisation part de discussions et de débats.
Les réunions périodiques de la CEL permettent à un groupe de jeunes de se retrouver
pour réfléchir sur l’actualité, organiser des conférences et donc se préparer à la mobilisation.




A l'heure où les mobilisations contre la suppression des postes d'enseignants se multiplient, trois membres de la Coordination Lycéenne et Etudiante (CEL) répondent aux questions d'Alda!
La Coordination veut mettre en place une conscience politique et sociale afin de développer la citoyenneté de chacun.
Voici des exemples de moyens pris et de résultats obtenus.

Vous vous êtes impliquées dans les mobilisations contre la loi Pécresse en Novembre dernier. Que s'est-il passé depuis ?

Amandine : Il faut rappeler qu'à la fin des mobilisations contre la Loi Pécresse (ou Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) les étudiants étaient restés sur leur faim. Cela s'explique entre autre par la mobilisation tardive des enseignants. Nous avons pensé qu'il était important de nous organiser comme association à but citoyen pour nous tenir au courant, être prêt à rebondir sur des thèmes qui intéressent les étudiants et lycéens : l'écologie, la laïcité, le commerce équitable, etc.
Marie : C'est pour cela que nous avons organisé la Coordination Etudiante et Lycéenne qui se réunit deux fois par mois avec une vingtaine d'étudiants. C'est une association qui est formée d'étudiants ayant participé aux mobilisations ou qui sont impliqués dans d'autres activités associatives. On compte aussi la présence d'étudiants qui ne s'étaient pas mobilisés en novembre.  

Vous avez considéré qu'il était très important de maintenir actifs les réseaux issus des mobilisations via des réunions d'information et de formation…
Marie : On a mis en place un forum "Exprime-toi" qui sert à élargir le réseau, échanger les idées ou approfondir certains thèmes de réflexion. En parallèle nous avons organisé une conférence avec le journaliste du Monde Hervé Kempf, auteur du livre "Comment les riches détruisent la planète" qui est venu à l'université pour parler aux étudiants et lycéens du lien entre les problèmes sociaux et écologiques.
Ces premiers succès aidant nous sommes en train d'organiser différentes animations qui se dérouleront au mois de mai. Par exemple une Journée du Commerce Equitable sera animée avec Artisan du Monde et on fera un goûter équitable au sein de l'université. D'autre part, on effectuera une projection du film "Laïcité" de la Libre Pensée (outil pédagogique moderne pour la présentation et la défense de la laïcité)  en présence de son réalisateur.
Amandine : Souvent on reproche aux jeunes de se mobiliser "sans avoir de motif" ou "sans savoir pourquoi". Ces commentaires ne tiennent plus la route quand on voit les débats qui ont lieu dans les réunions étudiantes et lycéennes. A chaque rencontre on fait un point sur l'avancement des projets en cours et on traite différents points forts de l'actualité. Tout cela à notre manière. Il est très important d'être toujours “accroché” à l'actualité via la lecture de journaux, la discussion et les débats. Ces discussions et débats font qu'au noyau initial se sont ajoutés de nouvelles têtes qui pour certaines n'avaient pas eu l'occasion de se mobiliser jusqu'à là. Ainsi, notre capacité d'action ou de réaction s'agrandit !
Marie : CEL, qui est une association regroupe des étudiants et lycéens de tous les Lycées de la côte (Cassin, Lauga, Cantau, Malraux, Ravel, etc.). La communication passe par les informations envoyées aux professeurs et proviseurs de Lycées via les panneaux d'affichage interne ou les casiers des professeurs où nous laissons les informations sur les conférences et débats. Comme nous l'avions appris lors des dernières mobilisations, il est important de discuter avec toutes les parties (étudiants, professeurs et proviseurs) et de montrer qu'on a tous intérêt qu'une manifestation étudiante se déroule correctement et qu'elle fait partie de la formation des citoyens !

Quels sont les enjeux de ces mobilisations en cours ?
Amandine : Le Ministre de l'Education Nationale parle de qualité, de moyens et de salaire… En fait il oublie que quand on parle de l'école il faut d'abord partir de l'élève… La qualité de l'enseignement passe par des rencontres de la diversité culturel-le et le brassage (pas via la division “lycées de bons” et “de moins bons”), de la possibilité d'expression en classe (impossible à 35 par classe), etc. Tous ces éléments font que l'école rend les élèves plus grands et plus forts pour faire face à l'avenir. En fait, quand on parle de moyens, il faut qu'ils soient au service des élèves.
Manu : L'argument de la “Pyramide des âges” est utilisé par le Ministère. Cet argument montre que la population lycéenne diminuera et que cela justifie la réduction de postes. Cela est aussi absurde que d'anticiper une canicule (ou le décès d'un certain nombre de personnes âgées) et par conséquent de stopper dès maintenant l'embauche des aides nécessaires au bon fonctionnement actuel des hôpitaux ou maisons de retraites…
Marie : Dans les faits, il y a aussi une contradiction dans les chiffres annoncés. Même si nous savons que le nombre d'élèves des collèges et lycées diminuera (- 40 000) cela  correspond à une perte de 1500 postes de travail. Pourquoi le gouvernement propose 11 200 réductions de postes ? Sans compter que dans les maternelles et primaires le nombre d'élèves à accueillir est en croissance ! La diminution de poste sera réelle et aura des effets immédiats sur les options.

Ne parle-t-on pas pourtant d'améliorer la grille salariale des professeurs à l'actif, et de faire prendre en charge les postes non remplacés par des heures supplémentaires des enseignants qui restent ?
Marie : On peut se poser la question sur l'avenir de ceux qui formés pour être enseignant n'auront pas de poste ? D'un côté "de moins en moins de personnes  qui gagnent de plus en plus" et de l'autre de plus en plus de chômeurs… Quel est l'intérêt d'une revalorisation qui fera qu'on aura plus de 35 élèves par classe, qu'on ne pour-ra pas faire le travail d'éducation nécessaire via la personnalisation, l'interaction et la participation ? 
Amandine : Il faut différencier l'éducation et la vente de sac de patates. On ne voit pas trop comment on peut échanger, apprendre à communiquer  à 35… et comment les enseignants peuvent faire attention aux problèmes et aux élèves ayant besoin de plus de suivi ou d'attention ? On s'en va vers un enseignement qui se contentera d'un tronc commun basique.
Manu : D'ailleurs cette situation a déjà des effets pervers. Le manque de suivi fait que même ici des parents ont recours à des cours particuliers à 35 € par heure… En fait quand on nous dit que l'Etat fait soit disant des économies (en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux) ce qu’on sait c’est que les parents commencent déjà à financer le privé via des boîtes à cours particuliers…

Quelles sont les mobilisations que vous avez menées ces derniers jours ?

Marie : Dès le 3 avril nous avons participé au blocage de l'Ecole Malégarie avec les parents d'élèves et employés. Nous étions près d'une centaine. Les messages bilingues ont été lus et également applaudis ! Une semaine plus tard, le 10 avril,  nous étions 400 à manifester dans les rues de Bayonne!
Manu : La réflexion collective permet souvent de trouver entre tous une meilleure façon de comprendre des thèmes qui nous intéressent mais peuvent nous sembler éloignés ou complexes. Cette meilleure compréhension nous aide aussi à trouver des exemples concrets pour illustrer notre argumentation ! On nous a reproché de nous battre contre des chimères… et c'est pour cela que l'idée d'organiser des Assemblées Générales dans une quinzaine de lycées est apparue. Cela permettra de vérifier dans chacun des lycées la réalité de ces suppressions de poste.
Amandine : Il faut que chaque lycéen soit conscient de la réalité de ses suppressions dans son lycée… et s'il est épargné, montre la solidarité aux Lycées concernés ! Pour que les Lycéens se rendent compte de ce qui se passe ils doivent faire le suivi des comptes rendus de Conseil d'Administration du Lycée, s'informer auprès des Associations de Parents d'élèves… Cela veut dire aussi surmonter la forme rébarbative du Conseil d'Administration (souvent de mars ou avril) qui décide de la Dotation Globale Horaire qui sera confirmée pour la rentrée suivante, soit des postes qui seront maintenus ou supprimés!
Jeudi 17 avril 2008
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