Pascal "Skual" Mulet, étudiant en économie et sociologie
Un outil pour mieux comprendre les débats politiques et sociaux actuels
Dans moins d’un mois, la Fondation Manu
Robles-Arangiz organisera une journée de formation à Bayonne le samedi 7 juin de 10h00 à 18h30. Voici une présentation des thèmes qui seront évoqués
lors de cette journée, ainsi que de l’animateur de cette journée Pascal Mulet
“Skual”.
"Quand les marchands étaient si méprisés et obligés à payer de si lourdes taxes pour avoir le droit de faire librement leur commerce, ils ne
pouvaient jamais amasser le capital nécessaire à la réalisation de la division du travail et à l'amélioration des manufactures."
Non, il ne s'agit pas d'un argument tiré du dernier rapport Attali pour "libérer la croissance", ni d'une citation de Nicolas Sarkozy justifiant les
exonérations de charges en faveur des entreprises.
C'est un extrait d'un cours donné par Adam Smith, considéré par certains comme le père de l'économie, à l'université de Glasgow (Ecosse) en... 1763.
Cela voudrait-il dire que nos économistes contemporains ne font que recycler et adapter de vieilles formules ?
Il y a de ça, effectivement.
Petit retour en arrière.
Adam Smith, auteur du best seller "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations", paru en 1776, s'est beaucoup inspiré de ses
prédécesseurs, et il s'est surtout opposé à d'autres penseurs qui ont écrit avant ou en même temps que lui.
Après lui, d'autres intellectuels, comme David Ricardo, Thomas Malthus ou Jean-Baptiste Say ont lu "La richesse des nations".
Certains ont continué dans la voie qu'il a tracée.
D'autres ont réfuté ou ont corrigé certains points.
Karl Marx, philosophe de formation, rencontre à Paris un jeune bourgeois anglais, Engels, qui lui fait découvrir l'économie. Il sera fasciné par l'économie
politique britannique, et notamment par les écrits de Ricardo. Mais il va s'inspirer aussi des prédécesseurs de Smith, du socialisme français et de la philosophie allemande pour créer sa propre
théorie.
Au XIXè siècle toujours, Léon Walras Carl Menger, ou encore William Stanley Jevons, peu satisfaits des thèses de leurs prédécesseurs, ont proposé une vision
radicalement différente de l'économie.
L'école néo-classique est née.
D'autres auteurs, s'inspirant de Marx, de Saint-Simon, ou de Walras penseront le socialisme ou le coopérativisme (Walras était lui-même fervent défenseur du
socialisme et de la collectivisation des terres, aspect de l'auteur "oublié" par ses succésseurs libéraux).
Néanmoins, l'école néo-classique sera dominante... jusqu'à la publication par John Maynard Keynes en 1936 de "La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et
de la monnaie", véritable boulet de canon contre le dogme néo-classique, qui reviendra malgré tout en force après le premier choc pétrolier de 1973.
Aujourd'hui, des économistes se réclament de Keynes, d'autres de Marx, certains empruntent aux deux ; une grande majorité suit le modèle walrassien, certains
ne font que s'en inspirer, ou encore d'autres reviennent à Ricardo.
Et plutôt que par une ligne, on pourrait représenter l'histoire de la pensée économique par un arbre dont toutes les branches se divisent en plusieurs
ramifications. Un arbre dont les racines sont multiples...
Le samedi 7 juin à Bayonne
Le but de cette journée de formation n'est bien sûr pas de connaître toutes ces théories, mais de présenter une vue d'ensemble des principaux courants de
pensée qui forment l'économie politique.
L'approche par les grands auteurs du passé permet de mieux saisir les bases et les enjeux d'une discipline que l'on a tendance à présenter et voir comme
élitiste et qu'il est important de désacraliser et de démocratiser.
Surtout, elle permet d'aborder la pluralité des points de vue sur le fonctionnement du capitalisme et ainsi de mieux comprendre ce mode de production, produit
de l'histoire et non de la nature.
De la même manière, elle peut aider à penser des alternatives, ou éclairer sur celles qui ont été mises en place ou théorisées.
Cette formation sera animée par “Skual” (Pascal Mulet), 25 ans, militant bien connu passé par les Démos, Alternatiba, EHZ, etc. Lui même suivait les formations
de la Fondation Manu Robles-Arangiz et a décidé de reprendre ses études. Il est aujourd'hui étudiant en économie et sociologie à Paris.
De par son propre parcours, il est donc particulièrement bien placé pour animer cette journée de formation d'une manière accessible aux plus jeunes, ou aux
personnes les moins initiées à l'économie, ceux et celles qui n'y comprennent rien ou pas grand chose, que cela rebute a priori et qui pourtant ont envie de saisir globalement le “comment ça
marche".
Alda! publiera dans les semaines à venir une interview de Skual sur cette formation et le texte d’un des auteurs économiques qui seront présentés lors de cette
journée de formation.
Une petite histoire de la pensée économique
Formation gratuite, au local de la Fondation Manu Robles-Arangiz (20, rue des Cordeliers dans le Petit Bayonne) le samedi 7 juin de 10h00 à 18h30.
Repas à 13h00, pris en charge par la Fondation.
S'inscrire à l'avance (même si vous n'êtes pas encore sûr d'être libre ce jour-là) :
* par courriel au : ipar@mrafundazioa.org
* ou en appeleant au : 06 14 99 58 79
Merci de faire circuler l'info sur cette journée, auprès des militant(e)s qui s'intéressent aux débats sociaux, économiques, politiques, et également auprès des lycéens qui ont envie d'en savoir
plus sur l'intérêt des études économiques.
Jeudi 15 mai 2008
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15
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/Mai
/2008
15:59
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Publié dans : Ekonomiaz - Economie à contre-courant
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