Gérard Filoche/Militant syndical et socialiste, inspecteur du travail
S’unir autour de la défense du Code du travail pour agir sur
les conditions de l’emploi et de la redistribution des richesses.
“Le droit du licenciement doit être assoupli”, “les 35 heures n’ont pas profité aux salariés”, “les charges
sociales sont trop lourdes”, “à terme on ne pourra plus financer les retraites”, etc.
Qui n’a pas eu
l’occasion d’être confronté à ces préjugés ? Le dernier livre de Gérard Filoche apporte des réponses
critiques, chiffres à l’appui, à ces idées reçues tout en présentant plus d’un siècle de conquêtes sociales
en faveur de la solidarité.
Voici quelques “antidotes” sous forme d’extraits que Gérard Filoche ne
manquera pas de compléter
et renforcer lors de sa conférence du 3 mai à Bayonne.
“Le droit du licenciement doit être assoupli”
Pourtant il suffit d’une lettre type de
convocation à un entretien préalable, de l’entretien en question (où le salarié peut être assisté) et d’une lettre motivant le licenciement... D’autre part, la logique paradoxale selon laquelle
“si on facilite les licenciements, on facilitera les embauches” a dans la pratique entraîné des pics de licenciements. (...) Enfin, la droite a dû reculer sur le CPE, et le CNE est en péril. Car
l’article 4 de la convention n. 158 de l’OIT prohibe les licenciements “sans motif valable...”.
“Les 35 heures n’ont pas profité aux salariés”
La France est le pays d’avant-garde qui a démontré à trois reprises, en 1936, 1982 et 2000-2002, que l’on pouvait baisser la durée légale du travail à 40, 39
puis 35 heures tout en augmentant à la fois la productivité et les salaires.
N’est-ce pas la preuve éclatante que leprogrès technologique peut contribuer à améliorer le bien-être, la santé et les conditions de traavial des salariés qui
bénéficient ainsi de temps libre pour eux-mêmes, leur famille et leurs loisirs?
(...) Dans tous les cas, nul en France n’a la “liberté de travailler plus pour gagner plus”. Chaque salarié est subordonné et ce n’est pas lui qui décide de
faire ou non des heures supplémentaires : seul l’employeur détient le pouvoir de lui en attribuer. (...) Il n’y a que dans le monde enchanté de Mmes Lagarde et Parisot que l’on s’épanouit en
travaillant plus et que cela crée du travail pour les autres.
“Les charges sociales sont trop lourdes”
Les charges sociales ça n’existe pas. Il s’agit juridiquement de cotisations sociales (salariales et patronales). Une composante du salaire brut de
chaque salarié. (...) Si vous entendez: “Les charges sont trop lourdes”, cela veut dire : “Ma protection sociale paraît trop chère à mon employeur”. (...) Si les cotisations et les impôts
relèvent de caisses séparées, c’est précisément parce que les salariés ont fait en sorte que les fonds qu’ils destinaient à leur protection sociale (maladie, accidents du travail, chômage,
retraite) ne puissent être détournés à d’autres fins et servir par exemple à financer la guerre.
“A terme on ne pourra plus financer les retraites des salariés”
Cette vision catasptrophiste de l’avenir de nos retraites s’appuie sur trois postulats erronés.
1/En 2050 il y aura autant de retraités que d’actifs.
2/D’ici 2050 la richesse de la France n’augmentera pas.
3/ On ne peut pas augmenter les cotisations sociales.
Le livre est disponible à la Bibliothèque de la Fondation Manu Robles-Arangiz (20 rue des Cordeliers à Bayonne).
Jeudi 1 mai 2008
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Publié dans : Orotarik
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