Quantcast

Hasiera



 

  Alda! & Enbata...
C'est quoi ? Zer dira?

  Asteko soinua: Batera!!

Zonbait Irudi!

  • Enbata - Alda 2137 - 2010-07-29 01
  • Enbata - Alda 2169 - 2011-03-10-1

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles

Sabino Ormazabal,
journaliste, jugé lors du procès 18/98 dans le dossier “Fondation Joxemi Zumalabe”, en liberté sous caution

“Il est souvent plus difficile
de mettre en marche les gens en faveur d'une idée,

que d'appuyer ce qu'une minorité effectue.”


Après les textes de réflexion de Jean-Marie Muller "Principe de la non-violence" "L'impossible victoire militaire des Occidentaux en Afghanistan", et "Pratique de l'action non violente", disponibles sur le blog d'Alda!, voici l'interview de Sabino Ormazabal sur la déclinaison locale de ces thèmes.

Comment définir de façon simple et compréhensible la non-violence ou la désobéissance civile ?
“En tout premier lieu je tiens à souligner, avec humilité, que partant de l'intérêt, des réflexions et hésitations qu'ont générés en moi cette interview, l'essentiel réside dans la réflexion et le débat collectif.
Pour répondre à la question, la lutte contre l'injustice ne devrait pas créer de nouvel-le injustice.
C'est de là que vient la nécessité de la non-violence. Mais cette non-violence devient active, quand elle s'utilise pour changer la réalité, car tel est son objectif. Il n'est pas suffisant d'être en faveur de la vie et de la paix, nous devons nous battre en leur faveur.
La désobéissance civile a sa place dans ce champ d'action là : faire face à ce que nous considérons injuste, sans créer de nouvelle injustice. Et tous les jours nous avons l'opportunité de faire face à ce qui n'est pas juste, en ne collaborant pas, en choisissant d'autres voies…
Gandhi disait que ce n'est qu'en assumant nos responsabilités que nous recouvrons nos droits et que ce n'est qu'en commençant à vivre librement que l'on peut atteindre la liberté.

Gandhi disait aussi que "si le choix n'est qu'entre la violence et la lâcheté (entre la résistance et la collaboration avec les forces d'occupation) mieux vaut choisir la violence… mais le choix de la non-violence est toujours préférable au choix de la violence"... Dans le cas du Pays Basque y a-t-il des cas concrets qui illustrent cette situation ?
C'est une célèbre phrase, mais il faudrait voir de plus près la déclaration complète et le contexte dans lequel elle avait été effectuée.  Dans tous les cas de figure, il est évident que quand le choix existe, c'est celui de la non-violence active qui est préconisé. Et comme le dit le philosophe Jean-Marie Muller, s'il est possible mieux vaut en priorité étudier les choix offerts par la non-violence et la force de cette même non-violence.
En revenant aux exemples du Pays Basque, les Ikastola créés dans les maisons particulières, en dehors de la loi concernant d'Education de l'époque franquiste, sont un cas illustrant bien cette situation. De même qu'a été celui de la création de Laborantza Ganbara. La désobéissance civile repose sur deux piliers : le premier  consiste à désobéir aux lois injustes et le deuxième à créer l'alternative, en créant une démocratie qui nous prend "tous" en compte par l'étude permanente de l'équilibre entre les concepts de pouvoir et de résistance.

Souvent, même si l'usage de la violence semble être clairement sans issue, la voie de la non-violence ne semble pas être perçue dans la société comme la voie de la solution. Que faire pour changer cette situation ?
La violence donne souvent une fausse impression d'être "plus active". Elle diffuse la sensation que nous sommes en train de faire "quelque chose", même si souvent les acteurs eux-mêmes savent que ce n'est pas efficace, qu'on n'avance pas. Mais nombreux sont ceux qui pensent qu'ainsi au moins, ils ne sont pas "immobiles". Cependant, en analysant cela de plus près, il est clair que ces voies-là, plutôt que de résoudre les problèmes, les plongent et les ancrent dans les affres de la douleur.
Ainsi pour faire face à cette idée de "non immobilisme" véhiculée par la violence, la non violence doit essayer d'être active, efficace et devra dans cette voie-là s'aider de la participation populaire. Même s’il est souvent plus difficile de mettre en marche les gens en faveur d'une idée, que d'appuyer ce qu'une minorité effectue.
En résumant, on sait quelle voie nous ne voulons pas prendre : la répétition de la stratégie armée. L'usage de la violence contamine les autres domaines et trouble leur développement. L'usage de la violence devient la base de l'organisation sociale et source de dispute, mettant de côté toute discussion. C'est cela que nous ne voulons pas. Que place soit faite à l'alternative non-violente. Que son opportunité et son temps lui soient octroyés.

“Chacun voit la souffrance à partir de son point de vue, on ne l'analyse pas à partir du point de vue de l'autre. La souffrance est très répandue, et pour résoudre son cas, il faut prendre en compte celle de l'autre ". Y a-t-il au Pays Basque un organisme qui mette en pratique de façon efficace ce type de réflexion ?
Il y en a et il y en aura, car ce sont de nouveaux pas pour dépasser les haines à l'intérieur de la société. Plus que les organismes, ce sont les actions que je soulignerai, peut être pas très fortes ni publiques, car elles ont vu le jour il y a peu, et ont leur rythme à l'écart de la pression et des clivages de la place publique. 
On peut  mentionner l'initiative humble et d'une grande profondeur qu’est "Egin bidea bakeari - Faire la voie à la paix". Elle réunit des gens d'une grande diversité dans un cercle formé de chaises, pour l'instant à Uharte, Donostia eta Bilbo. On a pu aussi voir ce cercle à l'Université du Pays Basque. Le cercle signifie que c'est un endroit ouvert, de rencontres, où partant d'un niveau d'égalité on peut tous se comprendre. Ces cercles ne sont pas nés pour donner une réponse à chaque fois que le droit est bafoué dans notre pays mais avec un objectif double : d'un côté, afin d'inciter au renouvellement d'un processus de paix et de l'autre pour diffuser au niveau local l'idée de la discussion, de la non-violence et de la participation des citoyens, dans une ambiance d'égalité et de respect avec tous ceux que nous côtoyons au quotidien. Cela nous plairait de voir cette initiative s'étendre à Baiona et dans d'autres endroits.

Vous avez déjà dit que "La Paix ne viendra pas par elle-même, qu'il faut la travailler. Il faut que les nouvelles initiatives soient soutenues de bas en haut, car elles ne viendront pas de haut en bas". Et pourtant, ces derniers temps, les recettes qui ont été utilisées n'ont pas attaché une grande importance à la mobilisation populaire… Que faire pour changer cela ?
Tout changement en profondeur devrait avoir une approbation de base de la société. Personne ne peut prendre de décision au nom de tous, ni dans ce problème-ci dans d'autres cas de figure. Ceci étant dit, il faudrait mettre en place les instruments qui permettront la matérialisation de la décision issue de la volonté de la majorité.
D'autres changements concernent le point de vu de l'activiste.
Il s'agit d'une révolution culturelle dans ce domaine : l'acceptation de celui qui ne pense pas comme soi-même, le respect véritable, pas uniquement théorique. En garantissant aux idées de l'ennemi ou de l'adversaire que toutes les idées pourront être développées dans la mesure où elles gagnent la majorité, et que même en ayant l'appui de la minorité, elles pourront avoir un moyen d'expression. Cela s'applique d'autant plus dans le cas où il s'agit d'organismes progressistes qui ont pour but de changer le monde. Il faudrait reconnaître que pour avoir un avenir libre et plein de justice, la voie la plus efficace, viable et humaine pour le changement repose sur l'obtention de la majorité sociale. En étant d'accord avec cela, les sectarismes, les menaces, les manichéismes ou attitudes violentes sont mis de côté car ils gênent l'obtention de cette majorité.
Malheureusement, les partis politiques s'organisent en fonction de spectacles et d'élections. Du coup, les initiatives, qu'ils considèrent secondaires, car elles sont en dehors du champ des élections et du partage de pouvoir, sont affaiblies par cette attitude.
Ainsi, le mouvement en faveur d'une nouvelle organisation de la société devrait sortir de la société civile, sans dépendance directe avec les partis politiques, même si ce mouvement les prendrait en compte afin des les attirer vers cette nouvelle dynamique.
Dans notre pays, nous avons une histoire riche et plurielle dans le monde syndical et le mouvement social. Il y a toujours eu quelqu'un pour entreprendre une nouvelle voie avec ses propres forces. Et c'est ce qu'il faudrait mettre en place pour obtenir un changement social qui n'accepterait aucun manquement aux droits humains.
La démilitarisation permettant la mise en place d'un espace où les idées pourraient librement se réaliser et où les citoyens auraient le contrôle de leur destin.

A court et à moyen terme, quelles sont les occasions que nous offrent la non-violence et la désobéissance civile pour "gagner la batail-le de l'opinion publique" et "offrir une solution positive tant au conflit qu’à l'établissement de ponts entre les parties" ?

La réponse la plus claire à cette question pouvait se lire dans le T-Shirt du mouvement DEMO. "Le sourire, c'est le meilleur moyen de montrer les dents " - " Irria, hortzak erakusteko biderik onena".
La désobéissance civile doit retirer au conflit sa cruauté, en maintenant la tension liée au conflit mais en diffusant, à la place de la rage et de la haine, un message positif, l'humour, le respect, l'ironie, l'intelligence, l'imagination…
De cette façon on utilise un message positif et enthousiasmant pour attirer la population.
On crée des liens et des ponts, on invite la population à participer. Car la lutte, c'est un exercice du quotidien, qui doit se faire fermement mais avec respect.


www.joxemizumalabe.org
Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 15:39
- Publié dans : Processus Souverainiste Civil - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Egutegia

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Présentation

  • : Alda! : Enbata euskal astekari politkoan 50 aldiz urtean! Dans Enbata, hebdomadaire politique basque 50 fois par !
  • Alda! : Enbata euskal astekari politkoan 50 aldiz urtean! Dans Enbata, hebdomadaire politique basque 50 fois par !
  • : abertzale alternatiba alternative écologique et sociale Politique
  • : "Alternatiba bezala eskaini behar den eredu politiko, sozial eta ekonomikoari buruzko eztabaida eta gogoetak indartu" "Alda veut renforcer le débat et la réflexion collective sur le modèle politique, social et économique à proposer comme alternative"
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés