Christine et Brigitte, membres du S.E.L “Agora”
«Agora», le Système d’Echange Local (S.E.L.)
de la Côte Basque,
ou la pratique de l’économie solidaire
"Pour changer la vie, échangeons !". Voilà ce que nous conseille le tract de présentation du Système d'Echange Local "Agora" laissé par Brigitte à la Fondation lors de la Quinzaine
Alternative de mai. Pour mieux connaître et comprendre ce qu'est un SEL, Alda! a rencontré Brigitte et Christine, membres d'"Agora".
Echanger (sans argent) des savoirs, biens et services et organiser des rencontres, des sorties et loisirs dans un esprit de convivialité et de solidarité... c'est possible !
Un SEL est-il une sorte d’alternative à l’économie marchande ?
Brigitte: Le SEL est un système d'échange local de savoir, de service et de bien. C'est aussi un mode de fonctionnement, de vie et une philosophie. LE SEL est en fait une façon de
maintenir les relations de "voisinage" qui de nos jours disparaissent et d'aller au delà de son réseau social connaître des personnes qu'on n'aurait pas eu l'occasion de rencontrer autrement.
Christine : C'est une mode d'échange où ce n'est pas la marchandisation qui est le moteur mais la vie de "quartier" ou de "voisinage". Un SEL est un système d'échange alternatif,
construit à côté du système dominant d'économie de marché.
Les SEL sont des associations à but non lucratif déclarées ou de fait à but non lucratif, implantés localement, et qui permettent à leurs membres de procéder à des échanges de biens, de services
et de savoirs sans avoir recours à la monnaie traditionnelle.
C'est durant les années 80, lors de la crise en Angleterre, que sont nés les 1ers SEL, pour contourner le blocage de l'économie traditionnelle. Une économie parallèle s'est créée, où chacun
pouvait faire valoir ses savoirs et compétences, ou tout simplement faire quelque chose de son temps !
Un SEL permet surtout de créer des liens plutôt que de créer des biens dans le groupe. On peut l'assimiler à un grand groupe d'entraide (c'est à dire d'échange au profit de tous).
Comment s’est mis en place le SEL Agora ?
Christine : Nous avons choisi le nom "Agora" pour notre association 1901 créée en début d'année. L'agora correspond à la "place du village où on débat et on échange". Le SEL favorise
la solidarité et le lien social, une heure d'échange vaut une heure. La valeur d'un service est généralement dictée en fonction du temps qu'il nécessite. Nous n'avons pas de hiérarchisation :
c'est le temps passé qui est important : 1 heure de chant sera égal à 1 heure d'informatique...
Brigitte : L'organisation d'un SEL demande à promouvoir l'échange par les relations conviviales... Il y a peu j'ai été invitée à la Bourse d'Echange Locale (BLE) organisée par le
SEL de Tarnos. C'est une sorte de vide-grenier où les échanges se font sans argent, l'estimation de la valeur d'échange se fait en unité d'échange (à Tarnos, ce sont des lunes) de gré à gré, par
accord mutuel et ... dans la bonne humeur ! Ce type de rencontre est l'occasion de promouvoir les échanges et les rencontres...
Au jour le jour, un catalogue recense toutes les propositions d'échanges avec d'un côté les OFFRES (je propose, je donne, j'informe sur, j'aime faire, je partage…) et de l'autre les DEMANDES
(j'ai besoin de, je voudrais, je souhaite rencontrer, j'aimerais découvrir, je recherche…). A partir de ce catalogue, chacun entre en contact avec la personne avec laquelle il aimerait
échanger.
Dans les statuts d'Agora nous précisons ses buts et moyens :
* faire prendre conscience de la dimension humaine existant dans tous les échanges et de valoriser des savoirs et des savoir-faire mal reconnus.
* promouvoir des solidarités dans le cadre du développement local, grâce à des échanges multilatéraux de savoirs, de biens et de prestations de service de voisinage. Ces échanges seront effectués
de gré à gré entre les adhérents de l'association, selon les demandes et les offres de chacun.
* d'organiser des rencontres et des animations afin de faciliter ces échanges.
* de mettre en place, coordonner, surveiller et assurer la réciprocité des échanges selon les règles qui seront définies par le règlement intérieur et la charte.
A la différence du troc qui oblige à un échange réciproque entre deux personnes le SEL crée un réseau permettant d'échanger avec tous les membres en fonction des possibilités de chacun.
Nous avons une cotisation d'adhésion à l'association de 10€ pour couvrir les frais administratifs.
Christine : Le fait de réfléchir sur ce que j'ai à offrir et ce que je recherche (prêter du matériel, accrocher un cadre, donner des cours, etc.) fait qu'on pense aussi aux autres, à ceux qui
vont offrir, à ce qui est nécessaire, et en fait à ce dont on a réellement besoin... Nous remarquons que dans un premier temps les 14 membres actuels de notre SEL ont plus de services à offrir
qu'ils n'en demandent !
Quels sont les enjeux d'un SEL par rapport aux défis sociaux et écologiques ?
Christine : De nos jours la recherche du toujours plus ou la course à la consommation est omni-présente. Via le SEL, on pense plus à la récupération, au lien social, à la
mutualisation et non au gaspillage. On prend conscience du savoir et du savoir-faire de tout un chacun, de l'importance de la récupération, de la transformation...
Brigitte : Tous ceux qui veulent en savoir plus peuvent nous joindre au 05 59 44 02 88 et/ou participer à notre premier BLE que nous comptons organiser le dimanche 5 juillet dans un lieu
encore à déterminer.
Jeudi 28 mai 2009
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28
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/2009
15:24
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Publié dans : Ekonomiaz - Economie à contre-courant
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