par Paul Bilbao Sarria, Behatokiko zuzendaria
Ceci ne sera possible que si les citoyens du Pays Basque montrent
qu’ils ont conscience que ces droits leur appartiennent
et qu’ils revendiquent leur respect !
Paul Bilbao, a présenté en juillet dernier dans Alda! les principales caractéristiques et
acquis de Behatokia (www.behatokia.org), l’Observatoire des Droits Linguistiques, la fondation impulsée par Kontseilua, le Conseil des Organismes Sociaux de l’Euskara.Voici une présentation
plus détaillée de la méthode de travail de Behatokia qui sera utile pour les nombreuses associations oeuvrant dans le domaine de la langue et de la culture basques et qui souhaitent
essayer de nouvelles formules.
Pour sensibiliser la population sur les droits linguistiques, qu’est-ce qui vous a amené à passer de la formule “conférences” à la formule “ateliers” ?
Au début nous présentions les droits linguistiques à partir de conférences sur leur situation et les différentes violations.
C’est une demande du public qui nous a amené à réfléchir à une autre formule pour éviter de faire “peur” à certaines personnes par le terme “conférence”. Il nous a semblé intéressant
d’organiser des ateliers permettant aux citoyens, par le vécu, de mieux comprendre et sentir ce que sont les droits linguistiques et leur violation. En effet, à la fin des conférences, souvent
le public avait des doutes sur des cas concrets liés à son quotidien. Nous avons pensé à inverser la formule des conférences en commençant par l’étude de cas, l’analyse de situations
concrètes et locales et les doutes du public via la mise en place d’ateliers.
Ces ateliers commencent via la présentation de différentes communautés linguistiques à travers le monde.
Puis la présentation de 10 cas spécifiques et réels où les participants doivent vérifier et dire s’il y a violation des droits linguistiques.
Pouvez-vous donner un exemple ?
Cela peut être le cas d’une compagnie de téléphonie. Les participants mentionnent souvent que c’est une compagnie privée et qu’on ne peut rien lui exiger. Nous jouons le rôle de l’avocat
du diable pour pousser la réflexion des participants plus loins que leurs a priori, en leur disant que les bars, tout aussi privés que la compagnie de téléphonie, doivent offrir des toilettes
au public, et les maintenir accessible, garder les prix affichés car c’est une obligation légale, etc. Enfait, le privé a des devoirs publics car il doit assurer une sorte de service
public.
Le but c’est que les citoyens prennent conscience qu’ils ont des droits linguistiques, indépendamment de la situation de la loi. Au Pays Basque, les euskaldun sont tous membres de la communauté
linguistique bascophone (liée au territoire qui a un lien historique avec la langue basque). Même si la loi reconnaît les droits linguistiques à certaines provinces (au Sud) c’est toute la
communauté qui y a droit !
La prise de conscience est indispensable...
Tout collectif ou toute communauté doit prendre conscience qu’elle a des droits et les revendiquer, car elle ne recevra pas de reconnaissance “tombée du ciel”. C’est la prise de conscience et
la revendication qui ont joué pour le droit de vote des femmes, les droits des salariés, des homosexuels, etc.
Il faut briser le cercle vicieux qui consiste à dire : “La loi ne nous reconnaît pas de droits linguistiques, donc on n’en a pas, et pourquoi je me mettrai à revendiquer le respect de ces
droits si la loi ne les reconnaît pas, etc.”...
Comment ? En nous rendant compte que ce sont nos droits, et en faisant comme si c’étaient nos droits.
Comment peut-on y arriver ?
En utilisant Behatokia pour qu’ensemble on montre les contradictions des grandes institutions comme la SNCF. Behatokia ne va pas contester la loi face à
la SNCF. La Constitution, l’amendement Toubon, etc. elle les critiquera au niveau international (instances de Genève, etc.).
Behatokia va souligner des cas où la discrimination est flagrante. “N’est-ce pas, malgré la constitution et la loi Toubon, une discrimination que 4 langues soient mises en valeur par la SNCF à
Bayoonne... mais pas la langue basque, vernaculaire et reliée au Pays Basque Nord ?”
C’est ce que Behatokia veut faire : ramener le débat sur la légitimité des revendications concernant les droits linguistiques.
Quelles seraient les conséquences ?
Behatokia veut mettre en avant les contradictions (et vraies discriminations linguistiques) qui existent à la SNCF ou au moment d’utiliser les
interprètes lors d’un procès à Bayonne (interprète autorisé pour un euskaldun de Gipuzkoa mais pas pour celui d’Iparralde), etc. Cela permet de faire prendre conscience au citoyen qu’il a des
droits, même si la loi ne les reconnaît pas.
Des notes d’espoir commencent à arriver d’intances internationales.
En effet, en 2008 dans les recommandations de la Commission des droits sociaux et économiques des Nations-Unies, il était spécifié que l’égalité ne peut être utilisé pour nier ou violer des
droits aux citoyens.
PS : plus d’informations sur ces ateliers d’une heure et demi qui ont pour but de faire prendre conscience au collectif euskaldun qu’il a des droits à baiona@behatokia.org
Mercredi 18 novembre 2009
3
18
/11
/Nov
/2009
11:01
-
Publié dans : Euskaraz bizi!
0
Commentaires