
BRUNO ET MARION, ONT REUSSI A CONSTRUIRE EN 6 MOIS LEUR MAISON EN BOIS AVEC TOIT VEGETALISE A ANGLET
Ou de l’art d’allier le plus d’écologie, avec le plus d’économie et de bien-être
Le débat sur les alternatives locales au Changement Climatique (au Forum de Bayonne de novembre
dernier) a permis à Marion et Bruno de témoigner de leur expérience suite à la construction de leur maison en bois avec toit végétalisé dans la commune d’Anglet.
Alda! les a rencontrés pour essayer de voir de plus près comment ce projet original et d’avenir a pu être réalisé.
Cela fait longtemps que Bruno et Marion ont fait le choix personnel pour une vie avec le moins de pesticides possible. Pour cela ils essaient d’avoir une consommation saine qui passe entre autre
par la tournée des marchés locaux.
En 2008, ils décident d’appliquer cette philosophie au niveau de leur habitat.
Pour cela, il fallait trouver une réponse à la question “Comment construire sa maison avec le moins d’impact sur l’environnement ?”
Comme le dit Bruno : “Cela passe par “penser par nous-mêmes”, “être honnête avec nous-mêmes” et “nous faire aider par des amis-experts””.
“Le choix de faire une maison en bois, la plus écologique possible, part de convictions personnelles et nous tenions à respecter au maximum le terrain (terrain familial) et notre environnement.”
ajoute Marion.”Construire en bois c'est avant tout préserver son environnement. Il absorbe le CO2 et par sa faible inertie thermique il permet de réaliser de véritables économies d'énergie.
Autre avantage, un chantier de construction en bois, à la différence du béton qui nécessite de l'eau, est un chantier rapide et propre.”
D'autre part, Bruno et Marion ont fait le choix d’une toiture végétalisée qui a également de nombreuses propriétés :
* Esthétique : c’est un moyen simple d’y créer des surfaces vertes supplémentaires pour la vue de leur voisinage.
* Ecologique : impact écologique sur l’eau, la toiture végétalisée permet la régulation des eaux de pluie, elle absorbe les pointes de précipitations («effet retard»). Elle limite ainsi
l’engorgement des canalisations lors de violents orages. Impact écologique sur l’air , elle constitue un véritable «poumon vert» dans la ville. Elle libère de l'oxygène et fixe le CO2 et
fixe et retient les poussières contenues dans l’air.
* Protection du bâtiment : la toiture végétalisée améliore la protection thermique du bâtiment.
Soigner la forme du projet
Malgré ces caractéristiques “atypiques”, le projet a été approuvé par la Mairie d’Anglet. Marion nous donne quelques caractéristiques de la façon dont leur demande a été présentée.
“Nous avons eu beaucoup de chance car c’est une conjoncture d’événement qui a fait que ça a fonctionné, par contre il ne faut pas hésiter à aller voir les gens et expliquer pourquoi on veut faire
ça… malheureusement beaucoup de municipalité refusent encore les toits végétalisés, les panneaux solaires, etc.“
Certes, le projet est passé sous un changement de municipalité devenant de gauche et écologiste. Les nouveaux responsables pouvaient difficilement faire autrement...
Cependant, voici les étapes suivies qui pourraient permettre à tout porteur de projet de connaître le même sort : permis accepté en 3 semaines.
* Contact avec un responsable urbanisme à la mairie pour lui expliquer l’esprit du projet. Le responsable en question sensibilisé à l’écologie recommande à Marion et Bruno d’aller voir un
architecte du CAUE (Conseil (gratuit) d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement), et de lui demander également son avis pour pouvoir appuyer le dossier.
* L’architecte du CAUE, qui a aussi beaucoup aimé le projet, leur a conseillé aussi d’améliorer les dessins d’architecte pour rendre le projet plus joli.
* Toutes ces recommandations étant prises en compte, le permis a été déposé accompagné d’une lettre pour réexpliquer le contexte : “terrain familiale, volonté de préserver l’environnement…
que le projet a été validé par un archi du CAUE…“
Le permis a été accepté en 3 semaines.
Faire de la pédagogie environnementale
Marion souligne que dans toutes les étapes l’argumentaire mis en avant pour “préserver la santé” a évité d’être trop pointu. Le but étant de se faire comprendre par les non convaincus “qui
peuvent nous prendre pour des paranos”...
Selon le coupe angeluar, les décideurs “ont été sensibles sur le chantier propre, la maison peu polluante dans sa construction et dans son utilisation”. Un autre point fort aussi, “une commune
nouvellement écolo s’est sentie obligée de montrer l’exemple, et ne pouvait refuser un projet qui était complet : maison en bois toit végétalisé, que le poêle à bois pour chauffer…“
En conclusion, on peut comme le disent Bruno et Marion, résumer la réussite de leur dossier à “un coup de chance”...
Mais il faut surtou voir dans leur démarche la préparation des dossiers, les échanges d’informations, les rencontres avec les différents intervenants et décideurs comme autant d’opportunités
créées et saisies par le duo.
Comme disent les marins, il n’y a pas de vent mauvais pour ceux qui comme Bruno et Marion savent où ils veulent aller ! Le tout c’est de savoir louvoyer, c’est à dire savoir utiliser (en plaçant
les voiles comme il faut) même un vent “contraire” pour se rapprocher de son objectif.
Ecologique, mais accessible
Enfin, un autre aspect du projet mené à bien en moins de 6 mois à Anglet est à souligner. C’est celui du coût total de cette construction plus écologique et à l’avenir plus économe en
énergie.
Bruno et Marion nous confirment que leur maison (pour une famille avec deux enfants) leur est revenu finalement pour un budget équivalent à celui d’une construction standard de cette taille à
Anglet. Certes, pour arriver à cela, il a fallu palier au manque de culture de construction en bois dans la région par l'expérience Bruno (déjà habitué au bois et aux projets dans ses activités
de paysagiste), par le choix de l’auto-construction dans la mesure du possible et en fait l’implication de toute la famille dans la réalisation de ce projet.
Bruno et Marion en tirent comme satisfaction le fait d’avoir eux mêmes pu réaliser et mener à bien ce projet de mise en cohérence de leurs valeurs avec leurs pratiques au quotidien. En fait, le
choix de cette construction en bois leur a permis de créer un lieu de vie qui a un très bon bilan énergétique(*) et qui leur permet d’allier le plus d’écologie, avec le plus d’économie et de bien
être.
(*) 35 kwh/m2/an alors qu'une maison BBC (Bâtiment Basse Consommation) est préconisée à 50 kwh/m2/an
Le simple poêle à bois pour chauffer la maison suffit largement, la maison n'étant jamais descendue en dessous de 16° et que dès que le poêle fonctionne la maison atteind très vite les
20°.
Mercredi 3 mars 2010
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Publié dans : Ecologie&Social - Soziala&Ekologia
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