par Lionel Larqué / www.lespetitsdebrouillards.org
“Les Petits Débrouillards, pour s’amuser,
s’émanciper et être citoyen par la science!”
Avec une formation universitaire en physique et sciences politiques, plusieurs documentaires pour la télévision, dont un sur la question nationaliste au Pays Basque en 1997 (où il passe 11
mois de tournage), Lionel Larqué a travaillé au niveau des grandes fédérations d’éducation populaire pour le Ministère de la Culture afin de combler le fossé entre le monde de la Culture et des
Arts et celui de l’éducation populaire (en rupture depuis la création du Ministère de la Culture en 1959 par Malraux) ! Avec l’arrivée de la droite, Lionel Larqué a trouvé un nouvel endroit pour
se réaliser. En 2003, il rejoint Les Petits Débrouillards (www.lespetitsdebrouillards.org) dont l’objet social assez simple, l’éducation populaire et scientifique, lui convenait !
L'association des Petits Débrouillards
Cette association d’éducation populaire et scientifique ne vise pas à diffuser des connaissances ou savoirs mais à permettre aux 6 à 25 ans de mieux appréhender la démarche scientifique…
C’est à dire le processus qui permet d’acquérir la capacité de se forger ses propres connaissances, de les confronter à d’autres savoirs, de faire ses hypothèses et ses expériences, de se
tromper et ainsi, d’incrémenter son savoir… L’association mise sur la démarche scientifique… qui est différente des cours qui sont donnés. Elle fait des animations, des expériences pour tester et
être curieux de ce qui nous entoure…
Science et citoyenneté
Même si actuellement le terme de citoyenneté est galvaudé, pour les Petits Débrouillards, la science est un moyen permettant d’avoir une emprise sur l’environnement immédiat.
Cet environnement peut être le Quartier. La mise en place d’une nouvelle fontaine, ses conséquences sur la circulation, sur l’espace public, etc. sont étudiées tout autant que l’aspect
technique de la fontaine…
Cet environnement peut être formé par les Nouveaux rapports entre les gens, la circulation des valeurs, de la monnaie, etc.
“En fait, toutes les sciences, qu’elles soient dures ou humaines sont considérées même si on fait une segmentation des parties de savoir pour y voir plus clair…“
Les Petits Débrouillards ne veulent pas cloisonner les différents savoirs : ils naviguent de la sociologie à la physique en passant par les maths, la linguistique, etc. sans faire des nœuds au
cerveau… “Ce n’est pas parce que la discipline est très compliquée pour les enfants qu’on ne la pratiquera pas !”
Science et pouvoir
Le réseau des Petits Débrouillards a environ 200 salariés sur l’hexagone pour 2 à 3000 volontaires (jeunes étudiants aidant à faire des ateliers dans les écoles, dans la rue, des centres de
loisirs…).
“Ma mission centrale à mon arrivée en 2003 était de faire prendre un virage au réseau qui tenait un discours sur les science assez «naïf», caractéristique des années 80. «Les sciences c’est
génial et amusons-nous avec, émancipons-nous avec»… Certes ce n’est pas faux mais les sciences ne sont pas que «génial», ce sont un élément de pouvoir, de puissance de sélection des élites… Elles
ont un rapport à l’économie assez complexe”.
Science en société
“Je suis arrivé pour essayer de permettre au réseau de se poser des questions dans le champ «Science en société». C'est-à-dire la science et les décisions publiques, le pouvoir, etc. La
production de la science aujourd’hui, ses conflits internes… L’analyse du «Comment produit-on un savoir scientifique aujourd’hui» ?”
Réseau européen et mondial du mouvement
Le réseau a participé à l’élaboration du Young People and Science in Society Issues liant les jeunes et la science aux enjeux de société, et, en 2007, à Nairobi, à la création du Forum Mondial
Science et Démocratie. Cette dernière est une plateforme présente sur tous les continents permettant aux ONG et mouvements sociaux de discuter avec les scientifiques et les institutions sur
les enjeux communs comme les «Sciences comme Bien Commun», «Sciences dans le Militaire», «l’Economie de la connaissance», «Scientifiques et lanceurs d’alerte » (ceux qui sont exclus de leur labos
et entreprises), «Responsabilité sociale et environnementale des chercheurs», «Autonomie des chercheurs», etc.
Ce sont de grandes questions qui se posent à tous les pans de la société et sur lesquels peu d’ONG et de mouvements sociaux se penchent actuellement. (A suivre...)
Jeudi 12 novembre 2009
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12
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/2009
16:00
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Publié dans : Orotarik
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