Pour préserver l’environnement,
mais aussi pour préserver les personnes modestes.
La taxe sur les carburants en particulier, tout comme les impôts en général, est un sujet volontiers polémique dans la presse héxagonale. Que disent le plus souvent les "adversaires de la taxe
sur l'essence" ?
* on paye déjà bien assez d'impôts comme cela, ou mieux : le niveau des prélèvements obligatoires est excessif dans notre pays,
* si on taxe, cela pénalise d'abord les plus modestes, ce qui n'est pas juste,
* "les gens" ont besoin de rouler en voiture, et on ne peut pas le leur enlever,
* les impôts pénalisent la compétitivité de l'économie, et il faut donc les baisser,
* le gouvernement "n'a qu'à" développer les biocarburants, les énergies renouvelables, etc, pour que l'on continue à avoir de quoi rouler pas cher sans
enquiquiner le contribuable.
“Monter progressivement les taxes sur l'énergie fossile est quelque chose que nous serions bien avisés de faire si nous souhaitons non seulement
préserver l'environnement, mais aussi préserver les personnes modestes” selon Jean-Marc Jancovici.
Pour étayer cette conclusion, voici quelques éléments de réponses de Jean-Marc Jancovici, expert dans le domaine des émissions de Gaz à Effet de
Serre.
Payons-nous déjà trop d'impôts ?
Le premier élément qui perturbe la discussion est bien sûr que la fiscalité en général, et les taxes en particulier, est facilement perçue comme un
prélèvement confiscatoire, et dès lors il est logique de considérer que nous en payons nécessairement trop, alors que la fiscalité n'est qu'une redistribution nationale dont chacun bénéficie sous
forme de services. Pourquoi ce sentiment de "confiscation" est-il si répandu ? Tout simplement à cause de la nature humaine : tout le monde - ou presque - peut calculer au centime près ce qu'il
ou elle paye sous forme d'impôts et de taxes, alors que personne ne sait compter au centime près ce que l'Etat lui redistribue - ou lui a redistribué - sous forme d'instituteurs, de juges,
d'adjudants-chefs, de commissaires de police, de routes nationales, de viande payée moins cher (à travers les aides à l'agriculture), ou encore d'entretien des musées.
Il y a quelques exceptions, quand l'Etat nous alloue directement une subvention (à une entreprise, à une association, ou à un particulier, sous forme de
prime à l'emploi par exemple), mais cela ne concerne qu'une partie marginale de ses dépenses, l'essentiel étant consacré aux services publics pour lesquels nous n'avons pas de traduction
monétaire directe de ce dont nous bénéficions. Comme nous avons tous une certaine tendance à considérer que tout ce qui ne peut pas se compter au centime près vaut zéro, cela nous donne
l'illusion que nous avons payé sans rien recevoir, ce qui est bien sûr inexact.
(Suite à la prochaine Fiche Pratique...)
Jeudi 18 février 2010
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12:45
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Publié dans : Fiches Pratiques - Asteko Fitxa Lagungarriak
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