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par Txetx Etcheverry


20 militant(e)s de Bizi! se rendront à Copenhague le 10 décembre prochain pour faire en sorte que le Pays Basque prenne sa part dans les actions de pression et de proposition qui seront menées auprès des gouvernants réunis lors de ce sommet mondial sur le réchauffement climatique(1).
Ils participeront aux mobilisations de la coalition internationale Climate Justice Now, alliance mondiale de 160 organisations (Friends of the Earth, Via Campesina, Focus on Global South, Third World Network, Jubilee South, etc…) qui considère qu’il est impossible de dissocier enjeux climatiques et enjeux sociaux et qu’il faut changer notre modèle de développement.

Une bataille capitale
Copenhague marque en effet le début d'une bataille dans lequel le monde joue gros. Tout d'abord parce qu'il faut absolument un Accord international permettant de réduire massivement et rapidement les émissions de gaz à effet de serre si l'on veut éviter la catastrophe climatique.
Tout cela est connu et chiffré par les scientifiques du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) : il faut que les pays industrialisés réduisent d'ici 2050 leurs émissions de gaz à effet de serre dans une proportion de 80 à 95% par rapport au niveau de 1990. Cela suppose qu'ils les aient réduits de 25 à 40% d'ici 2020.
Les observations scientifiques réalisées depuis 2005 montrent que les scénarios les plus pessimistes élaborés par le GIEC dans son dernier rapport sont en fait dépassés, et que le réchauffement climatique et ses conséquences sont plus rapides et plus amples que prévu. Il faut donc se situer dans les fourchettes hautes des préconisations du GIEC sous peine de risquer l'emballement climatique.

Ne pas se résigner au pire
Or nos gouvernants ne sont pas du tout à la hauteur de la situation.
 Pour ne prendre qu'un seul exemple, l'Union Européenne qui se prétend être le "bon élève de la classe" n'annonce pour l'instant qu'un objectif de 20% de réduction pour 2020, soit moins que la fourchette basse des préconisations du GIEC. Mais les faits sont encore pires, car ces 20% peuvent être constitués à 70% par le mécanisme des "Crédits Carbone" dont il a été démontré qu'ils sont inefficaces pour plus de 50% d'entre eux. Faites le compte, il ne reste plus grand chose au final.
Le plan Climat de l'Union Européenne va donner une augmentation probable d'environ 4°C en 2100 par rapport au 18ème siècle, alors que le seuil de dangerosité est fixé au maximum à 2°C, voir à 1,6°C ! Certains scientifiques parlent aujourd'hui d'un risque de se retrouver à plus de 6°C à la fin de ce siècle(2). C'est un véritable crime contre l'humanité et contre nos propres enfants qui se trame.
Nous ne pouvons nous résigner et c'est pour cela que se met en place à l'échelle internationale une véritable dynamique faite d'ONG environnementalistes ou de solidarité, de mouvements sociaux, de coalitions de pays du Sud ou de peuples indigènes visant à faire pression et à réellement peser sur les dirigeants du Nord.

Vers un nouvel ordre mondial
Les deux autres raisons pour lesquelles la bataille de Copenhague est capitale sont :
* Il faut que ce processus de négociations accouche d’une nouvelle architecture géopolitique mondiale des prochaines années, concernant notamment les rapports Nord-Sud (dette écologique du Nord à l'égard du Sud, aide financière à l'adaptation des pays du Sud aux premières conséquences du changement climatique, transferts technologiques respectueux de l’environnement sans brevet à payer pour ne pas créer une nouvelle dette du Tiers-Monde, question des réfugiés climatiques, rôle et fonctionnement de l'ONU, Fonds mondial pour le climat etc...). La question de la redistribution des richesses est également à poser, non seulement entre le Nord et le Sud, mais à l'intérieur de chaque société.
*Le processus de Copenhague et les premières conséquences du réchauffement climatique risquent d'être lourds de conséquences pour nombre de biens communs de l'Humanité : forêt (avec la question des mécanismes REDD), sols (questions de la captation CO2, des agro-carburants etc...), eau (prévisions de pénurie, et dans le même temps multiplication des inondations....), océans (puit à carbone en régression, question de la pêche industrielle, problème de la montée des eaux...), etc.

Construire un rapport de forces mondial
Selon les décisions qui seront prises, le monde ira vers plus de justice, de solidarité et d'humanité, ou vers plus de misère, d'inégalités, de barbarie et de guerres.
C'est pourquoi la mobilisation internationale, celle-là même qui a réussi à bloquer l'OMC à Seattle, doit construire le plus grand rapport de forces possible pour obliger à prendre les bonnes directions.
La dernière raison pour laquelle il nous faut tous(tes) souhaiter que la mobilisation internationale soit la plus forte et la plus réussie possible à Copenhague est qu'il est essentiel qu'émerge en ces jours de décembre une vraie force mondiale capable de peser sur les dirigeants.
Chacun(e) doit ressentir dans son pays, dans sa ville ou son village qu'il est -unis avec les autres- assez fort pour changer le cours des choses, et avoir ainsi envie de se lancer dans le combat.
Car la bataille pour l'avenir civilisé de la planète se joue maintenant, et se gagne ou se perd dans les 10 à 15 ans à venir.

Il est donc urgent et décisif de renforcer le camp de l'Humanité contre celui de la loi du profit, contre le camp des "Après nous le déluge".

Txetx Etcheverry
txetx@wanadoo.fr

(1) Ce voyage et le séjour là-bas coûte environ 300 euros par personne. Ceux et celles qui ne peuvent pas monter à Copenhague peuvent quand même contribuer à cette grande mobilisation en participant aux frais de voyage de ces 20 militant(e)s, afin qu'ils ne supportent pas seuls tout le coût de ce long périple.
(Chèques à l'ordre de Claude Guignabert -marquer au dos la mention «Solidarité train Copenhague»- à renvoyer à l'adresse «Bizi!, 22, rue des Cordeliers  64 100 Bayonne » ou possibilité de payer par internet avec votre carte bancaire grâce au système sécurisé Paypal à : www.copenhague2009bizi.org)
(2) Rappelons que l'on parle ici de température moyenne de la surface de la terre qui est d'environ 15°C. Pour donner une idée de la gravité de telles augmentations, sachons que la différence de température qui a fait passer de l'ère glaciaire au climat que nous connaissons aujourd'hui est de 5°C, et que cette évolution s'est produite en 10 000 ans, et non en quelques dizaines d'années ! Jamais l'Humanité n'a connu le phénomène auquel nous risquons d'être tous confrontés si les décisions qui s'imposent ne sont pas rapidement prises.

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 16:34
- Publié dans : Ecologie&Social - Soziala&Ekologia - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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