
par Aline Ribas
Application concrète du «penser global et agir local» !
Dans la série de reportages concernant Mouans-Sartoux, ville 10 000 habitants de la Côte d’Azur montrant que la relocalisation du politique et de l’économique est possible, voici l’interview
d’Aline Ribas en charge du magasin de commerce équitable de la commune.
Qu’est-ce que le commerce équitable selon la Mouansoise ?
Nous suivons la définition de la charte du commerce équitable selon laquelle l’objectif du commerce équitable est de “permettre aux producteurs et aux consommateurs de vivre leur dignité et leur
autonomie, en retrouvant la maîtrise et le sens de leurs actes”. Les producteurs sont rémunérés justement et leur rémunération ne subit pas les fluctuations des cours mondiaux.
Comment est née la Mouansoise ?
Au début des années 2000 un groupe d’une dizaine de personnes adhérentes d’Attac a essayé de voir comment aller au-delà des réunions d’information et de formation. Le groupe a essayé de voir dans
quel domaine il pouvait agir en cohérence avec ses valeurs (“penser global et agir local”). C’est ainsi que le Commerce équitable nous est apparu comme étant un bon outil pour continuer à
sensibiliser la population non seulement sur les rapports Nord/Sud mais aussi des rapports Nord/Nord. La municipalité de Mouans étant favorable à ce genre de projets nous avons tout naturellement
ouvert le magasin en 2004.
Quels sont les faits marquants de vos 5 années d’existence ?
Nous avons pu offrir à de nombreuses personnes ayant mené chacun de son côté des réflexions sur «les mandarines qui viennent d’Espagne en camion alors qu’on en produit ici» une alternative
locale.
Bref, un certain nombre de gens ayant une sensibilité écologique, sociale ou une conscience citoyenne ont trouvé dans la Mouansoise une façon de mettre le pratique quotidienne d’achat en
cohérence avec leur réflexion.
Toute l’organisation de la Mouansoise repose sur le bénévolat, et nous n’avions pas l’expérience de la gestion de commerce. C’est pourquoi nous nous sommes structurés petit à petit. Pour le Sud
on fait confiance aux labels Solidar Monde, Ethiquable, Comercio Alternativo et pour le Nord on applique la Charte du Commerce Equitable Local (inspiré de celui du Commerce Equitable
Nord/Sud).
La Mouansoise nous a permis de mieux connaître les petits producteurs locaux (apiculteurs, agriculteurs, etc.) par des visites et des échanges. Cela nous a permis d’établir une relation de
confiance avec un certain nombre d’exploitations familiales ou de petits fournisseurs locaux.
La Mouansoise a-t-elle atteint un autre objectif que celui que vous escomptiez ?
En fait, la Mouansoise est installée dans une maison, sans l’aspect «boutique, magasin» à l’extérieur. Ce sont surtout des militants voulant mettre leur pratique en conformité avec leur réflexion
qui se sont approché. Car nous n’avons pas fait de campagne de sensibilisation orientée vers le public qui n’a pas entamé une réflexion dans le domaine du ‘Penser Global, Agir Local’. Par contre,
de nombreuses discussions et échanges sont nés via les rencontres qui ont lieu à la Mouansoise et des gens pas forcément militants sont devenus des bénévoles de la Mouansoise. Enfin, la maison de
la Mouansoise est utilisée par de nombreuses associations pour leurs réunions mensuelles.
Quel bilan tirez-vous de vos 5 années de pratiques militantes dans le Commerce Equitable ?
Nous sommes persuadés qu'il faut re-localiser l'économique. Le commerce équitable a une vertu pédagogique très importante : il montre qu’on peut agir, travailler ensemble, localement et à
l’échelle internationale, sans pour autant broyer son voisin d’ici ou d’ailleurs. C’est du gagnant-gagnant.
Par contre, il faut espérer et tout faire pour que ce genre d’initiatives se multiplient dans les autres communes et que l’équitable ne dépende pas que d’initiatives mais soit le fruit d’une
politique globale.
Jeudi 14 janvier 2010
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14
/01
/2010
14:24
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Publié dans : Ecologie&Social - Soziala&Ekologia
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